Une rapide évaluation de la biographie de l'ex-cardinal Joseph Ratzinger semble confirmer l'interprétation que j'avais faite de la 111e devise de Saint Malachie dans mon message du 2 mars.

Pour résumer, ces devises peuvent se classer en 5 catégories: celles qui se rapportent (1) au nom, (2) au lieu d'origine, (3) à un élément du parcours sacerdocal, (4) au blason ou (5) à un élément marquant du règne du pape concerné. Une analyse a montré qu'il était très probable que la devise du nouveau pape (De Gloria Olivae) appartienne à la 5e catégorie et caractérise donc son règne pontifical.

Cela se confirme car:

(1) il est évident que cette devise ne concerne ni son nom (Joseph Ratzinger) ni son origine (Marktl-sur-l'Inn, Bavière, Allemagne. Donc aucun lien avec des oliviers ou des olives).
(2) Bien qu'ayant seulement "survolé" sa biographie, il ne semble y avoir aucun lien avec son parcours.
(3) d'origine modeste, il ne possède pas de blason familial. On ne peut écarter l'hypothèse selon laquelle cette devise serait une référence au blason d'une ville ou d'une congrégation à laquelle il aurait appartenu et sur lequel figurerait un olivier ou un rameau d'olivier, mais ces cas sont extrêmement rares dans la prophétie de Malachie (seulement 3 cas en tout).

Il semble donc bien que cette devise se rapporte à son règne. Un autre indice allant dans ce sens est le nom qu'il a choisi pour règner: Benoît (Benedicti en latin). La tradition veut en effet que le nouveau pape change de prénom. Cette coutume, qui remonte au premier pape, l'apôtre Simon qui changea pour devenir Pierre, le fondateur de l'église catholique romaine, fut reprise par Jean II en 533 (qui s'appellait en fait Mercure mais considérait qu'un pape ne devait pas porter le nom d'un dieu romain) puis par Jean XII en 955 et perpétuée ensuite par ses successeurs. Or ce choix n'est pas anodin. Le nouveau pape choisit en général le nom d'un ancien pape dont il s'estime proche et dans la lignée duquel il compte inscrire ses actes. Le dernier pape a avoir porté le nom choisi par Ratzinger fut Benoît XV, qui régna de 1914 à 1922. Ce pape se caractérisa notemment par son pacifisme et son profond engagement contre la 1ère guerre mondiale. Il tenta en vain d'appaiser les tensions entre la France et l'Allemagne, s'attirant l'inimitié des deux camps (l'Allemagne le considérant comme pro-français et la France comme pro-allemand. Les français le surnommèrent d'ailleurs la pape "bosch").

Malgré son rigorisme et son dogmatisme, le nouveau Benoît XVI pourrait donc vouloir continuer dans cette voie du pacifisme, justifiant ainsi la devise "la gloire de l'olivier".

Cette devise laisse également entendre qu'il accomplira un ou des faits marquants ("glorieux") ce qui indique un règne d'une certaine durée (quelques années au moins) et contredit la théorie selon laquelle il ne serait qu'un "pape de transition" (quelques mois).

L'avenir nous dira si cette interprétation est correcte ou non.