20 août 2005
La réponse de Chilbolton: vraie réponse ou vrai canular ?
Il n'est pas possible de s'intéresser à la question de l'authenticité de l'agroglyphe de Chilbolton sans d'abord aborder le phénomène général des agroglyphes.
Ce phénomène semble avoir une origine assez ancienne comme l'indique un témoignage datant de 1678 faisant mention d'une oeuvre du Diable de forme circulaire dans un champs. Mais c'est surtout dans les années 1970-80 que ce phénomène prend de l'ampleur et sort de l'ombre, tout d'abord en Angleterre avant de s'étendre à d'autres régions. On observe désormais ce phénomène, non seulement sur le territoire anglais, mais aussi en France, en Allemagne, en Pologne, aux Etats-Unis ou au Canada. Il se caractérise par l'apparition, bien souvent de nuit, de dessins plus ou moins complexes au beau milieu de champs et de cultures céréalières. Ces motifs ne sont bien souvent observables dans leur totalité que vus du ciel et sont créés par l'applatissement des cultures.

ancienne représentation d'agroglyphe montrant l'origine démoniaque de ce phénomène
exemples d'agroglyphes récents
Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer leur origine. Les plus connues sont:
- Des farceurs qui s'adonnent à une nouvelle forme d'art dans les champs ;
- Des extraterrestres qui tentent de signifier leur présence par des moyens détournés afin d'éviter le choc culturel dévastateur (pour l'humanité) que constituerait un contact direct entre une civilisation plus avancée et la nôtre (ce phénomène est bien connu des anthropologues. Lorsque la civilisation occidentale entre en contact avec des populations indigènes dites "primitives", celà se fait toujours au détriment de cette dernière. Exemples: les Papous, les Indiens d'Amazonie, les Pygmées, les Inuits, toutes les tribus amérindiennes, etc.) ;
- Une énergie naturelle inconnue (tellurique ou cosmique).
La première hypothèse a été confirmée pour un certain nombre d'agroglyphes. Les premiers "hoaxers" connus furent David Chorley et Douglas Bower, deux retraités anglais qui revendiquèrent la paternité de pas moins de 200 agroglyphes (sur plus de 9000 recensés à ce jour). Ils prétendirent réaliser leurs oeuvres à l'aide d'une simple planche tirée par des cordes. Toutefois, leur démonstration devant une équipe de télévision ne fut pas des plus concluante, de sorte que le doute subsite toujours sur leurs affirmations. Certains y voient plutôt une tentative de désinformation et de déscréditation du phénomène. Mais force est de reconnaître que cette médiatisation des deux présumés farceurs a donné des idées à d'autres artistes en herbe (c'est le cas de le dire), et que la réalisation d'agroglyphes est devenue une forme artistique qui bénéficie même de son concours annuel ! Cependant, ces canulars sont assez facilement identifiables grâce aux éraflures laissées sur les tiges par les planches servant à applatir les cultures, par les plants brisés et écrasés, par les limites assez mal définies des agroglyphes ainsi que par les traces de piétinements sur le sol et sur les plants couchés.
De plus, l'étude des agroglyphes a révélé, pour nombre d'entre eux, certaines anomalies difficilement, voire impossible, à reproduire avec les moyens humains connus à ce jour. Il s'agit essentiellement d'altérations au niveau cellulaire des plantes, ainsi que dans la composition et structure du sol. Selon les spécialistes, seule une exposition à une chaleur considérable peut expliquer ces altérations. Pourtant aucun plant ne porte de traces de brûlures. Ces anomalies sont considérées par les spécialistes comme un gage de l'authenticité et de l'origine non-humaine de ces agroglyphes. Les voici:
- noeuds de croissance difformes (coudés, allongés, gonflés ou éclatés mais pas brisés !)
- diminution du poids des graines
- taux de croissance anormalement élevé des graines
- enrichissement en fer magnétique du sol
- cristallisation des argiles du sol
- présence d'un grand nombre d'insectes morts toujours accrochés aux tiges. Ils ne sont pas écrasés comme on pourrait s'y attendre si des farceurs leur étaient passés dessus avec des planches ou des rouleaux de jardins, mais ils sont comme "pétrifiés", ou "foudroyés", sur les tiges.
- absence d'éraflures sur les tiges
- absence ou faible piétinement des plants (surtout dû, en général, aux curieux qui ont précédé les enquêteurs amateurs)

anomalies observées: mouches morte "pétrifiée" et noeud de croissance difforme
L'explication la plus communément acceptée pour ces altérations est une exposition à un fort rayonnement électromagnétique (probablement des micro-ondes). Toutefois, la source de ce rayonnement reste à l'heure actuelle inconnue.
La question qui se pose donc avec la formation de Chilbolton est la suivante : est-ce que des altérations ont été observées sur les cultures composant cette formation ?
Notons que le point concernant la présence d'insectes morts "foudroyés" ne sera cependant pas pris en considération dans ce cas-ci car il s'agit d'un phénomène dont les enquêteurs n'ont pris conscience que très récemment. Il est donc impossible de dire si des cadavres d'insectes étaient, oui ou non, présents dans l'agroglyphe de Chilbolton de 2001.
Voici les éléments observés sur le message de Chilbolton :
Éléments en faveur d'une origine non-humaine :
- tiges courbées à leur base mais non brisées
- pas d'éraflures signalées sur les tiges
- pas de traces de piétinements signalées
- la taille de la formation (30 X 88 m) qui aurait nécessité pas mal de travail par des moyens conventionnels.
Éléments militants contre une origine non-humaine :
- pas de gonflements ou d'éclatements de noeuds signalés sur cette formation (mais bien sur la formation adjacente, apparue une semaine plus tôt)
- pas d'anomalies relevées sur les graines (que ce soit au niveau du poids ou de la croissance)
- pas d'enrichissement du sol en fer magnétique
- le fait qu'aucune éraflure n'ait été signalée ne signifie pas qu'il n'y en avait pas
- le fait qu'aucune trace de piétinements n'ait été signalée ne signifie pas qu'il n'y en avait pas
On peut également ajouter le caractère inhabituel de cette
formation. Tout les agroglyphes recensés à ce jour représentent des
structures géométriques plus ou moins complexes. Jamais aucun message
direct n'a été observé avant cette formation.
Pour résumer, mis à part une mention à propos de tiges coudées mais non brisées à leur base, aucune anomalie n'a été observée sur cette formation. Bien qu'il soit impossible d'être certain à 100 %, on peut malgré tout conclure que, malheureusement, il y a une forte probabilité (70 à 90 %) que le message de Chilbolton soit l'oeuvre de farceurs bien humains et bien terrestres.
Sources:
http://ovni.science.actuel.free.fr/Crop/CropCircle.html
http://www.earthfiles.com/earth297.htm
http://www.lucypringle.co.uk/
http://www.culture-crop.com/2005eastfieldfly.htm
http://www.culture-crop.com/nancytalbotblt.htm
11 août 2005
SETI : une réponse inattendue et méconnue ?
Le 16 novembre 1974, le radio-téléscope d'Arecibo (Puerto Rico) émettait le premier message de l'humanité adressé à une éventuelle intelligence extraterrestre en direction de l'amas globulaire M13 (constellation d'Hercule), situé à environ 24000 années-lumière de la Terre.

radio-téléscope
d'Arecibo
Amas globulaire M13
Ce message était codé en binaire mais pouvait se représenter sous forme graphique :

message envoyé d'Arecibo en binaire (à gauche) et sous forme graphique (à droite)
Il contenait diverses informations "fondamentales" nous concernant :
- les nombres de 1 à 10 ;
- les numéros atomiques (NA) des principaux éléments constituant la vie telle que nous la connaissons, à savoir: l'hydrogène (NA=1), le carbone (NA=6), l'azote (NA=7), l'oxygène (NA=8) et le phosphore (NA=15) ;
- la composition chimique des 4 constituants de base de l'ADN (Adénine (C5H4N5), Cytosine (C5H5N2O2), Guanine (C5H4N5O) et Thymine (C5H5N3O)) ainsi que celle du phosphate (PO4) et du désoxyribose (C5OH7) ;
- une représentation graphique de la double hélice d'ADN accompagnée du nombre de nucléotides la composant ;
- une représentation graphique d'un être humain, accompagnée de sa taille moyenne (176,4 cm) et de la population en 1974 (4 292 853 800 individus) ;
- une représentation graphique du système solaire et des 9 planètes connues, la 3e étant mise en évidence (par une surélévation par rapport au plan) pour souligner l'existence de la vie ;
- une représentation graphique de l'antenne d'Arecibo qui a émis le message, ainsi que des informations sur ses caractéristiques (longueur d'émission = 12,6 cm ; diamètre de l'antenne émettrice = 306,18 m).

informations contenues dans le message d'Arecibo
(in english, sorry for french people ;-))
Les scientifiques n'attendaient pas de réponse avant
au moins 48000 ans (le signal se propageant à la vitesse de la lumière,
il lui faudra 24000 ans pour atteindre l'amas, et 24000 ans de plus
pour qu'une éventuelle réponse nous parvienne). Pourtant, voici
l'agroglyphe (ou "Crop
Circle" en anglais) qui apparut le 21 août 2001 dans un champs de Chilbolton, en Angleterre:

vue générale des agroglyphes de Chilbolton apparus le 21 août 2001 ((c) Lucy Pringle)
vue détaillée d'un des agroglyphes
A la surprise générale, cet agroglyphe a la même
forme graphique que le message d'Arecibo, mais présente toutefois
plusieurs différences (en rouge):
interprétation de l'agroglyphe de Chilbolton (à gauche)
et différences par rapport au message d'Arecibo (à droite)
Les informations contenues dans ce message sont les suivantes:
- les nombres de 1 à 10 restent inchangés ;
- le silicium (NA=14) a été rajouté à la liste des éléments constituants la vie (au bon endroit et codé correctement, ce qui indique que c'est intentionnel) ;
- la composition chimique des bases de l'ADN reste inchangée ;
- mais la structure en double hélice de l'ADN est devenue assymétrique, et le nombre de nucléotides a lui aussi changé ;
- la silhouette ne représente plus un humain, mais bien l'image que l'on se fait d'un extra-terrestre. La taille moyenne indiquée est de 100,8 cm et la population mentionnée est d'environ 21,3 milliards d'individus ;
- des modifications ont aussi été apportées au système solaire (ou stellaire ?): il compte 10 planètes et les 3e, 4e, 5e, 6e (?) et 7e planètes sont surélevées par rapport au plan. Si on fait l'analogie avec le message d'Arecibo, cela signifie que ces 5 planètes abritent de la vie ;
- l'antenne d'Arecibo a été remplacée par une représentation d'un ancien agroglyphe apparu à Chilbolton en 2000, indiquant que ces agroglyphes semblent bien être un moyen de communication.

Agroglyphe apparu à Chilbolton en août 2000 ((c) Ulrich Kox)
Alors ? Réponse extra-terrestre inattendue (et très rapide!) au message d'Arecibo ou canular bien terrestre ? La suite dans un prochain post...







