prophéties

Interprétations et analyses de divers textes prophétiques (centuries de Nostradamus, prophétie des Papes de Malachie, lectures d'Edgar Cayce, prophétie de Jean de Jérusalem...)

19 décembre 2005

à venir

  1. Les hypothèses de l'atlantide:
  • fiction ?
  • île-continent inconnue dans l'Atlantique ?
  • l'hypothèse crétoise
  • l'hypothèse du Cap Spartel
  • l'hypothèse Sarde
  1. Lectures d'Edgar Cayce sur l'Atlantide
  2. Lectures sur la réapparition de l'Atlantide
  3. L'énigme du Sphinx
  4. La prophétie des crânes de cristal


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15 décembre 2005

le mythe de l'Atlantide - 6

Les nouvelles hypothèses

Une hypothèse récente, avancée par le journaliste italien Sergio Frau, remet en question la localisation même des célèbres colonnes d'Hercule, délimitant le monde connu des anciens grecs et au-delà desquelles se trouvait la mystérieuse Atlantide. Après plus de trois années de recherches bibliographiques, il est arrivé à la conclusion que c'est le géographe grec Eratosthène (vers 276-194 avant Jésus-Christ), célèbre pour avoir mesuré la circonférence de la Terre au moyen des ombres projetées par deux obélisques, qui a, le premier, placé les colonnes d'Héraklès au niveau du détroit de Gibraltar. C'est à dire deux cents ans après la rédaction du "Timée" et du "Critias" par Platon ! Selon Sergio Frau, les colonnes d'Hercule citées par le philosophe correspondraient plutôt au détroit...de Sicile, faisant ainsi de la Sardaigne la nouvelle candidate pour l'Atlantide ! On trouve d'ailleurs de nombreuses similitudes entre les deux îles, comme le climat, la végétation, les sources d'eau chaude, la présence de mines de cuivre et d'argent, la maîtrise du bronze...

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Comme dans le cas de la civilisation minoenne en Crête, une civilisation, appelée Nuraghe, a disparu subitement de Sardaigne vers la fin du 2e millénaire. Cette civilisation, dite nuraghique (ou nouraghique), serait apparue aux environs de -1.500 BP, pour atteindre son apogée vers le début du premier millénaire. L’origine de cette culture pose un grand problème archéologique car il faut faire intervenir une influence d’origine égéenne: celle de la civilisation minoenne crétoise antérieure à -1400. (Serge Hutin, Les civilisations inconnues, Fayard, 1961).

Bien entendu, celà repose le problèmes des dates. On est loin des -11.000 ans annoncés dans l'oeuvre de Platon ! Mais, on peut supposer que ces deux civilisations méditerranéennes (minoenne et nuraghique) eurent des ancêtres communs et que ceux-ci devaient être aussi avancés que les astronomes hittites, leurs cousins indo-européens ! D'ailleurs, le Néolithique, caractérisé par l’élevage et l’agriculture, s’est progressivement installé en Sardaigne à partir du 8e millénaire BP, ce qui impliquait pour ces populations de savoir naviguer, et les premiers monuments mégalithiques, constitués de coffres de pierre et de pierres dressées, sont apparus en Sardaigne à un stade relativement évolué de la période néolithique de l’île, vers -6.000 BP.

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Nuraghe - vestiges de la civilisation nuraghique

La disparition de cette civilisation pourrait s'expliquer par des tremblements de terre sous-marins et des tsunamis. Bien qu'il soit plus fréquent de les rencontrer dans l'Océan Pacifique, des tsunamis se sont déjà produits en Méditerranée. En 2000 ans, près d'une vingtaine de tsunamis ont ainsi été recensés en Méditerranée, dont certains furent meurtriers:

  • environ 1500 avant J.C.: l'éruption du Santorin détruisit la ville crétoise d'Akrotiri (Une vague géante provoqué par l'explosion du volcan à balayé la Crète du nord au sud) ;
  • 373 av. J.C.: violent tremblement de terre qui causa l'effondrement et la submersion des villes de Héliké et de Boura sur la rive méridionale du golfe de Corinthe ;
  • 365: Alexandrie, en Egypte fut dévastée par un séisme puis balayée par un raz de marée. Le nombre de victimes est estimé à 50000 ;
  • 551: le long de la côte du Liban (Beyrouth fut détruite) et de la Syrie ;
  • 1564: Séisme dans les Alpes Maritimes, nombreux villages détruits. Important mouvements de mer à Antibes, à Monaco, à Nice ainsi qu'un affaissement du port de Villefranche-sur-Mer ;
  • 1887: Italie - France (1000 morts) Le foyer était situé en mer au large entre Diano Marina et Impéria ; Les vagues du tsunami n'ont pas dépassé un mètre en France à Villefranche, Menton, Nice et Antibes ;
  • 1908: Un séisme de 7,5 détruisit les villes de Messine en Sicile et Reggio en Calabre (en Italie). La mer inonde les rues de Messine ;
  • 1979: petit tsunami entre Nice et Antibes. La digue d'un chantier de l'aéroport est emportée (11 morts) ;
  • 1986: Petit raz de marée en Provence, sur la plage de Beauduc en Camargue. Une vague de deux mètres submerge la plage à la suite d'un séisme en Méditerranée ;
  • 2003 (mai): un petit tsunami touche , sans faire de victimes, les Baléares et les côtes françaises ;
  • 2004 (aout): Mini-tsunami à Marseille (La mer se retire d'une vingtaine de mètres sur la plage de la Pointe-Rouge). Pas de dégâts ni de victimes.

Cependant, il faut reconnaître que, outre les problèmes de dates, cette explication est également en désaccord avec le récit de la destruction complète de l'île rapporté dans le Critias, l'île n'ayant pas été engloutie.

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07 décembre 2005

le mythe de l'Atlantide - 5

Les nouvelles hypothèses

Une autre hypothèse à été avancée par le géologue et préhistorien Jacques Collina-Girard, chercheur français au CNRS. Dans un travail intitulé "Le détroit de Gibraltar et le mythe de l'Atlantide" publié aux Comptes Rendus de l'Académie des sciences à Paris (2001 - Volume 333 - Numéro 4 - pp: 233-240), il attire l'attention sur la présence, dans le détroit de Gibraltar, de petites îles aujourd'hui submergées mais qui, il y a environ 21000 ans, ne l'étaient pas. Ces îles, au nombre de 7, sont situées près du Cap Spartel. L'île centrale, appelée île Spartel, faisait 15 km de long sur 4 km de large.

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carte représentant les terres émergées il y a 21000 ans.

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note: BP = Before Present = Avant l'époque présente

On voit que le niveau des eaux se stabilise vers 6000 ans avant notre époque actuelle, soit 4000 ans avant JC, selon notre mode de datation habituel. On note deux "accélérations", l'une vers 14.000 - 15.000 BP c'est à dire 12.000-13.000 avant JC et l'autre, plus récente vers 11.300 BP, c'est à dire aux alentours de 9300 avant JC. Elle se termine en 11.000 BP, c'est à dire 9000 ans avant JC. Dans la première phase d'accelération la vitesse de remontée des eaux atteint 3,7 mètres par siècle et dans la seconde 2,5 mètres par siècle. En dehors de ces époques la remontée des eaux s'effectue au rythme de 0,5 à 0,9 mètre par siècle. Au fil de la remontée des eaux celle-ci sera progressivement submergée, en 9000 avant JC (11.000BP) ce qui correspond au chiffre et à la localisation donnés par Platon. Actuellement la partie sommitale de l'île Spartel serait accessible sans difficulté à des plongeurs en scaphandres autonomes puisqu'elle culmine à -56 mètres de profondeur seulement. Collina pense que le récit de Platon, recueilli initialement auprès de prêtres égyptiens a été dramatisé et embelli. En effet si on table sur une remontée des eaux liées à la fonte des glaces on obtient (deuxième figure) une vitesse de 2,5 mètres par siècle. Pourtant Platon avait écrit que l'île avait été engloutie durant l'espace d'une nuit.

La première remarque qui vient immédiatement à l'esprit est qu'on est très loin des dimensions données par Platon. La taille de l'île aurait-elle été amplifiée au fil des millénaires par la tradition orale ? C'est possible.

La deuxième remarque concerne la vitesse de submersion des îles Spartel. Une vitesse de remontée de la mer de 2,5 m par siècle est loin d'être dramatique et très loin de la vision cataclysmique donnée dans le Critias. Cependant, on peut faire la supposition suivante: pour lutter contre cette remontée marine et l'envahissement progressif de leurs terres, les habitants de ces îles ont pu construire des levées de terre ou de pierres. Cette technique est utilisée depuis longtemps par certains pays d'Europe du Nord, comme la Belgique ou les Pays-Bas, pour lutter contre les inondations de tempêtes. Cette supposition est renforcée par les descriptions de Platon qui dépeint une ville protégée par des anneaux de terre concentriques. Dans ce cas, une catastrophe naturelle telle un séisme, un tsunami ou encore une violente tempête pourrait causer la rupture de ces digues et conduire à l'engloutissement brutal de la zone protégée (à titre d'exemple, il suffit de se rappeler l'inondation de la Nouvelle-Orléans il y a deux mois, causée par la rupture de ses digues après le passage d'un ouragan). L'île serait alors réellement engloutie en "un jour et une nuit" comme le décrivit Platon. De plus, ces îles forment bien des haut-fonds qui rendent la navigation périlleuse, exactement comme le dit le Critias. Enfin, la faible profondeur à laquelle se trouve l'île actuellement permet de justifier l'absence de vestiges. A ces profondeurs, les houles et les vagues affectent énormément le fond marin et peu de choses arrivent à résister à ce brassage destructeur. Pour en avoir la preuve, il suffit de jeter un oeil aux maigres restes d'épaves plus récentes retrouvées à des profondeurs similaires.

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épave antique du Titan, entre 27 et 29 mètres de profondeur.
       

La troisième remarque porte sur le peuple qui aurait vécu sur ces îles. Les historiens estiment qu'au mieux, elles étaient peuplées de chasseurs-cueilleurs du néolithique. On est donc loin de la civilisation majestueuse, pleine de sagesse, technologiquement et culturellement avancée, qui étendait son empire sur tout le bassin méditerranéen. Pourtant, si l'on se replace dans le contexte de la préhistoire, la période à laquelle à vécu cette population insulaire correspond au passage d'une culture paléolithique à une culture néolithique.
Au cours du Paléolithique (-300.000 à -15.000 BP), les hommes (néanderthaliens), parfaitement intégrés dans la nature, se sont contentés d'exploiter, à l'aide d'un matériel simple, un milieu naturel d'autant plus riche que la pression démographique était réduite.

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Néanderthaliens - chasseurs-cueilleurs

La découverte essentielle du feu a permis une maîtrise de l'environnement. Cette étape illustre l'accélération progressive des processus intellectuels de l'homme - ce qui recouvre à la fois les techniques, la vie sociale, spirituelle et culturelle. La néolithisation (entre -15.000 et -9.000 ans BP), moment capital de cette accélération, est l'ensemble des processus mis en œuvre au début de l'Holocène (période succédant à la dernière glaciation et correspondant à la remontée du niveau marin ayant conduit à l'engloutissement des îles Spartel), et qui ont abouti à une organisation de la société telle que nous la connaissons aujourd'hui. Cette période voit l'émergence des hommes de Cro Magnon et le passage d'une société de chasseurs-cueilleurs nomades à une société de cultivateurs sédentaires. Obligés de combattre la convoitise des nomades, les cultivateurs doivent se défendre et se regroupent en bourgades bâties sur des hauteurs. Les villages deviennent des villes, la société se structure, ainsi apparaissent des artisans, des soldats, des marchands et des gouvernants.

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Cro Magons - chasseurs-cueilleurs puis cultivateurs

De ce point de vue, si une civilisation néolithique moderne (c'est à dire une peuplade de Cro Magnons originaire d'Afrique) a bien vécu sur ces îles il y a 11.000 ans, elle devait apparaître aux hommes du paléolithiques (Néandertaliens occupant l'Europe et le Moyen-Orient depuis 60.000 à 80.000 ans) comme technologiquement, culturellement et spirituellement très avancée.

La mémoire de cette civilisation Cro Magonne plus avancée et le drame de l'engloutissement de leur île à la suite d'une catastrophe naturelle (un tsunami par exemple) pourrait ensuite avoir été transmise de génération en génération sur plusieurs millénaires et embellie, jusqu'à arriver aux oreilles de Platon qui l'aurait alors utilisée pour sa critique acerbe d'Athènes.

Ci-dessous se trouve un texte de Jacques collina-Girard donnant des exemples de traditions orales qui ont été transmises sur des siècles ou sur des millénaires.


(passage extrait du bulletin de la société Vaudoise de Sciences Naturelles 88. 3:323 - 341)                

"La tradition orale actuelle

La mémoire d'évènements anciens traverse les générations chez les peuples sans écriture: en Papouasie et en Nouvelle-Guinée les ethnologues ont relevé la précision de généalogies remontant parfois jusqu'à 14 générations (Wessner et Al, 1998, p. 28). Dans le nord de l'île, le mythe du "temps d'obscurité" renvoie à une éruption volcanique précisément datée au début du XVII° siècle (Blong 1982, Ballard, 1998 , p.23).

Les Anradoy (Sud-ouest de Madagascar) ont gardé, sur un millénaire, le souvenir de vertébrés disparus (Aepironis et lémurens géants) qui vivaient encore lors de la première occupation de Madagascar vers 1000 BP. C'est probablement cette occupation qui a accéléré la disparition totale de ces espèces dont le déclin était déjà effectif entre 2.300 et 2.000 années BP (Mahé et Sourdat 1972).

Au Cameroun on a relevé des listes généalogiques qui s'étendent sur plus d'un millénaire (Podlewski 1993).

Un océanographe, André Capart, nous rapporte que lors d'une campagne limmonologique sur le lac Tanganyka un pêcheur indigène lui avait confié une légende locale. A une époque très ancienne il y aurait eu trois lacs à la place du lac actuel ... Les études géologiques et géophysiques confirmèrent par la suite que le lac Tanganyka, à une époque très ancienne, comportait bien trois cuvettes reliées par des détroits, aujourd'hui noyés. Le souvenir très précis de cette paléogéographie avait donc traversé sans faiblir plus de trois millénaires! (Capart 1986, p.10).

Au Canada les légendes des Indiens Gitksans renvoient à la fin du Pléiostocène et au début de l'Holocène. Les évènements rapportés ont pu en effet être corrélés avec des faits géologiques attestés: glissements de terrains, éruptions volcaniques, assèchement de lacs. Ces évènements ont été vérifiés et datés entre 6.000 ans BP et 10.000 ans BP (4000 à 8000 ans avant Jésus Christ). Les Indiens renvoient couramment dans ces mythes à un temps avant ou après le déluge ("Before the flood") (Harris 1997). La déglaciation a été dans leur histoire une période charnière puisqu'elle a marqué le moment où le peuplement de leur territoire, enfin libre de glaces, a pu être possible.               


Les traditions orales de l'antiquité
                  

La Bible a enregistré des évènements d'il y a 7000 ans, dont on aurait trouvé récemment l'équivalent archéologique en Mer Noire (Ryan et Al, 1997 , Ballard et Al, 2000, Fortey, 2000). Ces mythes du Déluge existent aussi chez les peuples sans écriture de Micronésie (Labeyrie 1985): ils renvoient certainement aux évènements mondiaux et synchrones identifiés par la géologie et qui font basculer le monde glaciaire vers le monde actuel avec des limites de continents complètement transformées.

Jacques Cauvin, spécialiste de la néolithisation au Moyen-Orient retrouve dans le livre de la Genèse les principaux évènements objectifs du passage de l'économie de cueillette à l'économie de subsistance (agriculture et élevage). Pour cet auteur ils est "difficile de de ne pas envisager que c'est d'elle (la Révolution Néolithique) qu'il puisse s'agir. Si c'est bien le cas il s'agirait d'une transmission orale de plus de 6000 ans dans des textes compilés 900 ans avant Jésus-Christ, pour la Bible" (Cauvin, 1994).

La préhistoire
                  

La préhistoire des chasseurs-cueilleurs confronte avec des conservatismes qui impliquent la transmission de tradictions quasi immuables pendant des millénaires. L'art préhistorique européen en est un excellent exemple puisque transmis (avec la vision du monde qu'il impliquait) sans changements majeurs pendant 20.000 ans. Dans la grotte du Parpallo, près de Valence, Jean Clottes a relevé la permanence de rites identiques (offrandes de plaquettes gravées ou peintes) pendant 10.000 ans (4500 plaquettes dans les couches allant du Gravettien au Magdalénien final inclus). Comme le constate ce spécialiste de l'art pariétal: "ces comportements témoignent de façon indiscutable de la persistance de la même tradition religieuse sur dix millénaires" (Clottes, communication verbale et interview, Herbaux, 2002).

Si l'ethnographie et la préhistoire nous montrent l'efficacité d ela tradition orale chez les peuples sans écritures et l'aptitude à transmettre sur des millénaires le souvenir d'éléments naturels catastrophiques pourquoi refuserions-nous cette possibilité aux peuples antiques? Pourquoi une tradition de ce type n'aurait-elle pas pu parvenir aux premiers scribes égyptiens pour être ensuite transmise à Platon?


La fin de la glaciation: un traumatisme culturel majeur dans l'histoire de l'humanité ?

Dans le détroit de Gibraltar, l'histoire géologique de l'île du Cap Spartel et de son archipel s'ajuste à la tradition rapportée 9000 ans après Platon dans le "Timée": lieu, date de submersion et géographie coincident. La transcription par des scribes égyptiens, après 5000 ans de transmission orale, a pu être possible dès 4.236 BC (avant Jésus-Christ). cette date est celle du premier calendrier basé sur le lever héliaque de Sirius (astronomiquement daté) et celle du début de l'écriture hiéroglyphique (Lefort 1998).               

Le "mythe" de l'Atlantide pourrait renvoyer, au moins en partie, et contradictoirement à l'avis de l'opinion actuellement dominante (Vidal-Naquet 2000) à des traditions orales, seuls témoins vers 9000 avant Jésus-Christ de l'écroulement d'un monde en pleine apogée: celui des chasseurs de la fin du paléolithique et de leur univers glaciaire. Il est vrai que la seule certitude est que l'histoire géologique réelle du Détroit raconte une "histoire vraie" proche de celle rapportée par Platon. S'agit-il d'une pure coincidence (Thivel 2001) ou touchons-nous ici à l'origine du mythe qui aurait hérité du savoir historique plus ancien de la tradition orale (Collina-Girard 2001 b)... La question reste ouverte !

La géologie constate en tout cas que si l'on recherche une île habitée , submergée 9000 ans avant notre ère devant les "colonnes d'Hercules", cette île existe bien ! C'est l'essentiel de l'argumentation de cet article qui pose le problème d'une coïncidence assez troublante pour reposer la question de l'origine du mythe platonicien ..."


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03 décembre 2005

le mythe de l'Atlantide - 4

Hypothèse de l'île de Santorin

Cette hypothèse fut avancée pour la première fois par Galanopoulos et Bacon en 1969 puis largement popularisée par le célèbre Commandant Cousteau en 1977.

Selon cette hypothèse, la civilisation atlante ne serait autre que la civilisation minoenne qui domina tout le bassin méditerranéen de 2700 à 1200 avant J.-C.

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A cette époque, les habitants de l'île de Crète et des îles environnantes avaient formé un vaste empire commercial qui dominait tout le bassin méditerranéen. Leur capitale, Knossos, se distinguait par une anticipation technologique tout à fait exceptionnelle. Les maisons étaient dotées de l'eau courante et bordées de trottoirs. L'art s'y distinguait, triomphant. De vastes mosaïques murales alliaient le souci de la vérité à un goût exquis. La Méditerranée était le champ clos de leur prospérité. Leur puissance navale, civile et militaire était sans équivalent. Ils commerçaient avec la Grèce, Mélos, Syra, Chypre, Délos, la Syrie et entretenaient des relations suivies avec l'Égypte. C'est ainsi que leurs techniciens, ingénieurs et architectes, collaborèrent à l'édification des pyramides de Senousret II et d'Amenemhat III. 

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Mille ans passèrent encore ainsi pendant lesquels la Crète conserva son prestige et ses mystères aux yeux des autres peuples méditerranéens. Puis au milieu du 15e siècle avant notre ère, il y eut un grand silence. Jusqu'au règne d'Aménophis II (1444-1412 avant J.C.), en effet, les documents égyptiens mentionnèrent l'existence de la Crète sous le nom de Keftiu, qui est le synonyme du mot akkadien Kap-ta-ra, qui signifie "une mer au-delà de la mer supérieure". Puis, quelques décennies plus tard, il s'avère que les Égyptiens se plaignent de ne plus pouvoir commercer avec ce pays de Keftiu. On en est informé par le papyrus dit d'Ipuwer, intitulé: "Les admonitions d'un Sage égyptien". Ce papyrus décrit le commerce extérieur de l'Égypte, laquelle dépendait des pays étrangers pour le bois et les substances aromatiques. Or, l'interruption des échanges commerciaux compromettaient gravement les habitudes prises par les égyptiens. 

"Personne aujourd'hui, se lamente le scribe égyptien, ne fait plus voile vers le nord, jusqu'à Byblos. que ferons nous pour le cèdre nécessaire à nos momies ? Les prêtres étaient ensevelis avec les produits importés, et les nobles étaient embaumés avec les huiles qui venaient d'aussi loin que Keftiu, mais aujourd'hui ces produits n'arrivent plus..."


Thêra, autrefois connue sous les noms de Kallistê - la plus belle île - ou de Strongylé - Ile circulaire - fait partie de l'archipel de Santorin, situé à 120 km au nord de la Crète. La plus grande de toutes est en forme de croissant, elle est environnée de Théresia, au nord-ouest et d'Aspronisi, au sud-ouest. Au milieu de la baie se dresse le dôme fumant du Nea Kaméni. Santorin est, en effet, un des seuls foyers volcaniques encore en activité en Méditerranée. Partout, des falaises abruptes de pierre ponce, de lave et de cendre, plongent dans les eaux profondes de la mer.

Ancien cône formé par des éruptions à la fin du Pliocène et au début du Quaternaire, l'île de Thëra avait alors 15 km de diamètre. Formée de tufs volcaniques et calcaires, de lacs, elle fut le centre d 'une première éruption volcanique voici 25000 ans. Des cendres se répandirent alors sur toute la partie sud de la Méditerranée.

 

Puis un nouveau cône se forma, et le volcan se tut pendant des millénaires. Mais ce fut pour mieux se réveiller 23500 ans plus tard. Car c'est aux environs de 1450 avant JC, que le volcan de l'île de Thêra explosa littéralement, crachant même son magma igné et soulevant un nuage de poussière suffisamment épais pour obscurcir le ciel jusqu'en Égypte. Au vu de ce phénomène cataclysmique, dit-on, le pharaon Aménophis III l'interpréta comme le courroux des dieux et s'empressa de faire la paix avec ses voisins.

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La mer se couvrit de boue et de pierre ponce en si grande quantité que la mer Égée du sud fut pendant longtemps impraticable à la navigation. On retrouve là, l'observation de Platon indiquant qu'au lendemain de la submersion de l'Atlantide, "l'océan était devenu difficile et inexplorable.

Bientôt, les cendres retombèrent partout où elles étaient en suspension, jusqu'à former une couche de trente à soixante centimètres. Thérâ et Thérésia devinrent de véritables déserts, se couvrant d'une couche de déjection volcanique de 30 à 45 mètres d'épaisseur!

Sur l'île de Crète elle-même, pourtant distante de 120 km, les cités minoennes furent ensevelies sous près de 30 centimètres de cendre et il en fut ainsi des côtes de la Grèce jusqu'au delta du Nil. De nos jours encore, des prélèvements effectués au sud de la Crète ont démontré qu'à des profondeurs même considérables, 3700 m, il était encore possible de retrouver des traces  de cette cendre volcanique provenant de l'explosion de 1450 avant notre ère.

Consécutivement à l'explosion, une vague énorme se souleva en réaction au formidable mouvement des eaux dans la partie centrale du volcan (strongylé) qui s'était effondré sous l'impact. Il s'ensuivit un gigantesque Tsunami qui balaya toutes les côtes de la Méditerranée orientale, dévastant complètement toutes les villes et lieux de peuplement à l'intérieur et sur le pourtour de la mer Égée. Seules, ou à peu près, les villes de Palaikastro et Zokro, situées très à l'Est de la partie basse de la Crète, semblent avoir échappé aux pires effets de cette dévastation.

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Depuis les découvertes d'Evans à Knossos, il est apparu aux archéologues que cette déflagration paroxysmique fut à l'origine de l'effondrement de la civilisation minoenne. Dès lors, les survivants de ce royaume moribond s'expatrièrent à travers toute la Méditerranée, laissant derrière eux des champs de ruines, des palais dévastés et une végétation anéantie pour des dizaines d'années. Ils se dispersèrent alors aux quatre coins de la mer Égée. A l'ouest, vers l'Italie du sud et la Sicile; au nord, vers les Cyclades et l'Atlantique; à l'est, vers la route de Rhodes, de Chypre et du Levant; au sud enfin, vers l'Égypte où leur influence fut prépondérante.


Cependant, il faut remarquer que si l'histoire de cette civilisation ressemble étrangement à celle de la civilisation atlante, de nombreux détails sont incompatibles avec le récit de Platon, notemment en ce qui concerne l'époque, la taille de l'île ainsi que la faune et la flore. Certains ont tentés d'expliquer les problèmes de date et de taille par une mauvaise interprétation du système métrique égyptien par le grec Solon, ce qui l'aurait conduit à surestimer tout les chiffres d'un facteur 10.

Une autre remarque peut être faite sur le problème récurrent de la taille de l'île: personne n'a jamais pu dire avec certitude si cette taille (aussi grande que l'Asie et la Lybie réunies) concernait l'île seule ou tout les territoires dominés par la civilisation atlante.

Enfin, il est toujours possible que Platon ait mélangé des éléments réels (la disparition de la civilisation minoenne, qui a fortement influencé les grecs) et des éléments fictifs (taille, localisation, période, descriptions idylliques...) lorsqu'il a écrit sa satyre politique.

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