07 décembre 2005
le mythe de l'Atlantide - 5
Les nouvelles hypothèses
Une autre hypothèse à été avancée par le géologue et préhistorien Jacques Collina-Girard, chercheur français au CNRS. Dans un travail intitulé "Le détroit de Gibraltar et le mythe de l'Atlantide" publié aux Comptes Rendus de l'Académie des sciences à Paris (2001 - Volume 333 - Numéro 4 - pp: 233-240), il attire l'attention sur la présence, dans le détroit de Gibraltar, de petites îles aujourd'hui submergées mais qui, il y a environ 21000 ans, ne l'étaient pas. Ces îles, au nombre de 7, sont situées près du Cap Spartel. L'île centrale, appelée île Spartel, faisait 15 km de long sur 4 km de large.

carte représentant les terres émergées il y a 21000 ans.

note: BP = Before Present = Avant l'époque présente
On voit que le niveau des eaux se
stabilise vers 6000 ans avant notre époque actuelle, soit 4000 ans
avant JC, selon notre mode de datation habituel. On note deux
"accélérations", l'une vers 14.000 - 15.000 BP c'est à dire
12.000-13.000 avant JC et l'autre, plus récente vers 11.300 BP, c'est à
dire aux alentours de 9300 avant JC. Elle se termine en 11.000 BP,
c'est à dire 9000 ans avant JC. Dans la première phase d'accelération
la vitesse de remontée des eaux atteint 3,7 mètres par siècle et dans
la seconde 2,5 mètres par siècle. En dehors de ces époques la remontée
des eaux s'effectue au rythme de 0,5 à 0,9 mètre par siècle. Au fil de
la remontée des eaux celle-ci sera progressivement submergée, en 9000
avant JC (11.000BP) ce qui correspond au chiffre et à la localisation
donnés par Platon. Actuellement la partie sommitale de l'île Spartel
serait accessible sans difficulté à des plongeurs en scaphandres
autonomes puisqu'elle culmine à -56 mètres de profondeur seulement.
Collina pense que le récit de Platon, recueilli initialement auprès de
prêtres égyptiens a été dramatisé et embelli. En effet si on table sur
une remontée des eaux liées à la fonte des glaces on obtient (deuxième
figure) une vitesse de 2,5 mètres par siècle. Pourtant Platon avait
écrit que l'île avait été engloutie durant l'espace d'une nuit.
La première remarque qui vient
immédiatement à l'esprit est qu'on est très loin des dimensions données
par Platon. La taille de l'île aurait-elle été amplifiée au fil des
millénaires par la tradition orale ? C'est possible.
La deuxième remarque concerne la vitesse de submersion des îles Spartel. Une vitesse de remontée de la mer de 2,5 m par siècle est loin d'être dramatique et très loin de la vision cataclysmique donnée dans le Critias. Cependant, on peut faire la supposition suivante: pour lutter contre cette remontée marine et l'envahissement progressif de leurs terres, les habitants de ces îles ont pu construire des levées de terre ou de pierres. Cette technique est utilisée depuis longtemps par certains pays d'Europe du Nord, comme la Belgique ou les Pays-Bas, pour lutter contre les inondations de tempêtes. Cette supposition est renforcée par les descriptions de Platon qui dépeint une ville protégée par des anneaux de terre concentriques. Dans ce cas, une catastrophe naturelle telle un séisme, un tsunami ou encore une violente tempête pourrait causer la rupture de ces digues et conduire à l'engloutissement brutal de la zone protégée (à titre d'exemple, il suffit de se rappeler l'inondation de la Nouvelle-Orléans il y a deux mois, causée par la rupture de ses digues après le passage d'un ouragan). L'île serait alors réellement engloutie en "un jour et une nuit" comme le décrivit Platon. De plus, ces îles forment bien des haut-fonds qui rendent la navigation périlleuse, exactement comme le dit le Critias. Enfin, la faible profondeur à laquelle se trouve l'île actuellement permet de justifier l'absence de vestiges. A ces profondeurs, les houles et les vagues affectent énormément le fond marin et peu de choses arrivent à résister à ce brassage destructeur. Pour en avoir la preuve, il suffit de jeter un oeil aux maigres restes d'épaves plus récentes retrouvées à des profondeurs similaires.

épave antique du Titan,
entre 27 et 29 mètres de profondeur.
La
troisième
remarque porte sur le peuple qui aurait vécu sur ces îles. Les
historiens estiment qu'au mieux, elles étaient peuplées de
chasseurs-cueilleurs du néolithique. On est donc loin de la
civilisation majestueuse, pleine de sagesse, technologiquement et
culturellement avancée, qui étendait son empire sur tout le bassin
méditerranéen. Pourtant, si l'on se replace dans le contexte de la
préhistoire, la période à laquelle à vécu cette population insulaire
correspond au passage d'une culture paléolithique à une culture
néolithique.
Au cours du Paléolithique (-300.000 à -15.000 BP), les hommes (néanderthaliens), parfaitement intégrés dans la nature,
se sont contentés d'exploiter, à l'aide d'un matériel simple, un milieu
naturel d'autant plus riche que la pression démographique était
réduite.


Néanderthaliens - chasseurs-cueilleurs
La découverte essentielle du feu a permis une maîtrise de l'environnement. Cette étape illustre l'accélération progressive des processus intellectuels de l'homme - ce qui recouvre à la fois les techniques, la vie sociale, spirituelle et culturelle. La néolithisation (entre -15.000 et -9.000 ans BP), moment capital de cette accélération, est l'ensemble des processus mis en œuvre au début de l'Holocène (période succédant à la dernière glaciation et correspondant à la remontée du niveau marin ayant conduit à l'engloutissement des îles Spartel), et qui ont abouti à une organisation de la société telle que nous la connaissons aujourd'hui. Cette période voit l'émergence des hommes de Cro Magnon et le passage d'une société de chasseurs-cueilleurs nomades à une société de cultivateurs sédentaires. Obligés de combattre la convoitise des nomades, les cultivateurs doivent se défendre et se regroupent en bourgades bâties sur des hauteurs. Les villages deviennent des villes, la société se structure, ainsi apparaissent des artisans, des soldats, des marchands et des gouvernants.


Cro Magons - chasseurs-cueilleurs puis cultivateurs
De
ce point de vue, si une civilisation néolithique moderne (c'est à dire
une peuplade de Cro Magnons originaire d'Afrique) a bien vécu sur ces
îles il y a 11.000 ans, elle devait apparaître aux hommes du
paléolithiques (Néandertaliens occupant l'Europe et le Moyen-Orient
depuis 60.000 à 80.000 ans) comme technologiquement, culturellement et
spirituellement très avancée.
La mémoire de cette civilisation
Cro Magonne plus avancée et le drame de l'engloutissement de leur île à
la suite d'une catastrophe naturelle (un tsunami par exemple) pourrait
ensuite avoir été transmise de génération en génération sur plusieurs
millénaires et embellie, jusqu'à arriver aux oreilles de Platon qui
l'aurait alors utilisée pour sa critique acerbe d'Athènes.
Ci-dessous se trouve un texte de Jacques collina-Girard donnant des exemples de traditions orales qui ont été transmises sur des siècles ou sur des millénaires.
(passage extrait du bulletin de la société Vaudoise de Sciences Naturelles 88. 3:323 - 341)
"La tradition orale actuelle
La mémoire d'évènements anciens traverse les générations chez les peuples sans écriture: en Papouasie et en Nouvelle-Guinée les ethnologues ont relevé la précision de généalogies remontant parfois jusqu'à 14 générations (Wessner et Al, 1998, p. 28). Dans le nord de l'île, le mythe du "temps d'obscurité" renvoie à une éruption volcanique précisément datée au début du XVII° siècle (Blong 1982, Ballard, 1998 , p.23).
Les Anradoy
(Sud-ouest de Madagascar) ont gardé, sur un millénaire, le souvenir de vertébrés disparus (Aepironis et lémurens géants) qui
vivaient encore lors de la première occupation de Madagascar
vers 1000 BP. C'est probablement cette occupation qui a accéléré
la disparition totale de ces espèces dont le déclin
était déjà effectif entre 2.300 et 2.000 années BP (Mahé et Sourdat 1972).
Au Cameroun on a relevé des listes généalogiques qui s'étendent sur plus d'un millénaire (Podlewski 1993).
Un océanographe, André Capart, nous rapporte que lors d'une campagne limmonologique sur le lac Tanganyka un pêcheur indigène lui avait confié une légende locale. A une époque très ancienne il y aurait eu trois lacs à la place du lac actuel ... Les études géologiques et géophysiques confirmèrent par la suite que le lac Tanganyka, à une époque très ancienne, comportait bien trois cuvettes reliées par des détroits, aujourd'hui noyés. Le souvenir très précis de cette paléogéographie avait donc traversé sans faiblir plus de trois millénaires! (Capart 1986, p.10).
Au Canada les légendes des Indiens Gitksans renvoient à la fin du Pléiostocène et au début de l'Holocène. Les évènements rapportés ont pu en effet être corrélés avec des faits géologiques attestés: glissements de terrains, éruptions volcaniques, assèchement de lacs. Ces évènements ont été vérifiés et datés entre 6.000 ans BP et 10.000 ans BP (4000 à 8000 ans avant Jésus Christ). Les Indiens renvoient couramment dans ces mythes à un temps avant ou après le déluge ("Before the flood") (Harris 1997). La déglaciation a été dans leur histoire une période charnière puisqu'elle a marqué le moment où le peuplement de leur territoire, enfin libre de glaces, a pu être possible.
Les traditions orales de l'antiquité
La Bible a enregistré des évènements d'il y a 7000 ans, dont on aurait trouvé récemment l'équivalent archéologique en Mer Noire (Ryan et Al, 1997 , Ballard et Al, 2000, Fortey, 2000). Ces mythes du Déluge existent aussi chez les peuples sans écriture de Micronésie (Labeyrie 1985): ils renvoient certainement aux évènements mondiaux et synchrones identifiés par la géologie et qui font basculer le monde glaciaire vers le monde actuel avec des limites de continents complètement transformées.
Jacques Cauvin,
spécialiste de la néolithisation au Moyen-Orient retrouve dans
le livre de la Genèse les principaux évènements objectifs du passage de l'économie de cueillette à
l'économie de subsistance (agriculture et élevage). Pour cet
auteur ils est "difficile de de ne pas envisager que c'est
d'elle (la Révolution Néolithique) qu'il puisse s'agir. Si
c'est bien le cas il s'agirait d'une transmission orale de plus
de 6000 ans dans des textes compilés 900 ans avant
Jésus-Christ, pour la Bible" (Cauvin, 1994).
La préhistoire
La préhistoire des chasseurs-cueilleurs confronte avec des conservatismes qui impliquent la transmission de tradictions quasi immuables pendant des millénaires. L'art préhistorique européen en est un excellent exemple puisque transmis (avec la vision du monde qu'il impliquait) sans changements majeurs pendant 20.000 ans. Dans la grotte du Parpallo, près de Valence, Jean Clottes a relevé la permanence de rites identiques (offrandes de plaquettes gravées ou peintes) pendant 10.000 ans (4500 plaquettes dans les couches allant du Gravettien au Magdalénien final inclus). Comme le constate ce spécialiste de l'art pariétal: "ces comportements témoignent de façon indiscutable de la persistance de la même tradition religieuse sur dix millénaires" (Clottes, communication verbale et interview, Herbaux, 2002).
Si l'ethnographie et la préhistoire nous montrent l'efficacité d ela tradition orale chez les peuples sans écritures et l'aptitude à transmettre sur des millénaires le souvenir d'éléments naturels catastrophiques pourquoi refuserions-nous cette possibilité aux peuples antiques? Pourquoi une tradition de ce type n'aurait-elle pas pu parvenir aux premiers scribes égyptiens pour être ensuite transmise à Platon?
La fin de la glaciation: un traumatisme culturel majeur dans l'histoire de l'humanité ?
Dans le détroit de Gibraltar, l'histoire géologique de l'île du Cap Spartel et de son archipel s'ajuste à la tradition rapportée 9000 ans après Platon dans le "Timée": lieu, date de submersion et géographie coincident. La transcription par des scribes égyptiens, après 5000 ans de transmission orale, a pu être possible dès 4.236 BC (avant Jésus-Christ). cette date est celle du premier calendrier basé sur le lever héliaque de Sirius (astronomiquement daté) et celle du début de l'écriture hiéroglyphique (Lefort 1998).
Le "mythe" de l'Atlantide pourrait renvoyer, au moins en partie, et contradictoirement à l'avis de l'opinion actuellement dominante (Vidal-Naquet 2000) à des traditions orales, seuls témoins vers 9000 avant Jésus-Christ de l'écroulement d'un monde en pleine apogée: celui des chasseurs de la fin du paléolithique et de leur univers glaciaire. Il est vrai que la seule certitude est que l'histoire géologique réelle du Détroit raconte une "histoire vraie" proche de celle rapportée par Platon. S'agit-il d'une pure coincidence (Thivel 2001) ou touchons-nous ici à l'origine du mythe qui aurait hérité du savoir historique plus ancien de la tradition orale (Collina-Girard 2001 b)... La question reste ouverte !
La géologie
constate en tout cas que si l'on recherche une île
habitée , submergée 9000 ans avant notre ère devant les
"colonnes d'Hercules", cette île existe bien ! C'est
l'essentiel de l'argumentation de cet article qui pose le
problème d'une coïncidence assez troublante pour
reposer la question de l'origine du mythe platonicien
..."
03 décembre 2005
le mythe de l'Atlantide - 4
Hypothèse de l'île de Santorin
Cette hypothèse fut avancée pour la première fois par Galanopoulos et Bacon en 1969 puis largement popularisée par le célèbre Commandant Cousteau en 1977.
Selon cette hypothèse, la civilisation atlante ne serait autre que
la civilisation minoenne qui domina tout le bassin méditerranéen de 2700 à 1200 avant J.-C.
A
cette époque, les habitants de l'île de Crète et des îles environnantes
avaient formé un vaste empire commercial qui dominait tout le bassin
méditerranéen. Leur capitale, Knossos, se distinguait par une
anticipation technologique tout à fait exceptionnelle. Les maisons
étaient dotées de l'eau courante et bordées de trottoirs. L'art s'y
distinguait, triomphant. De vastes mosaïques murales alliaient le souci
de la vérité à un goût exquis. La Méditerranée était le champ clos de
leur prospérité. Leur puissance navale, civile et militaire était sans
équivalent. Ils commerçaient avec la Grèce, Mélos, Syra, Chypre, Délos,
la Syrie et entretenaient des relations suivies avec l'Égypte. C'est
ainsi que leurs techniciens, ingénieurs et architectes, collaborèrent à
l'édification des pyramides de Senousret II et d'Amenemhat III.
Mille
ans passèrent encore ainsi pendant lesquels la Crète conserva son
prestige et ses mystères aux yeux des autres peuples méditerranéens.
Puis au milieu du 15e siècle avant notre ère, il y eut un grand
silence. Jusqu'au règne d'Aménophis II (1444-1412 avant J.C.), en
effet, les documents égyptiens mentionnèrent l'existence de la Crète
sous le nom de Keftiu, qui est le synonyme du mot akkadien Kap-ta-ra,
qui signifie "une mer au-delà de la mer supérieure". Puis, quelques
décennies plus tard, il s'avère que les Égyptiens se plaignent de ne
plus pouvoir commercer avec ce pays de Keftiu. On en est informé par le
papyrus dit d'Ipuwer, intitulé: "Les admonitions d'un Sage égyptien".
Ce papyrus décrit le commerce extérieur de l'Égypte, laquelle dépendait
des pays étrangers pour le bois et les substances aromatiques. Or,
l'interruption des échanges commerciaux compromettaient gravement les
habitudes prises par les égyptiens.
"Personne
aujourd'hui, se lamente le scribe égyptien, ne fait plus voile vers le
nord, jusqu'à Byblos. que ferons nous pour le cèdre nécessaire à nos
momies ? Les prêtres étaient ensevelis avec les produits importés, et
les nobles étaient embaumés avec les huiles qui venaient d'aussi loin
que Keftiu, mais aujourd'hui ces produits n'arrivent plus..."
Thêra, autrefois connue sous les noms de Kallistê - la plus belle île - ou de Strongylé - Ile circulaire - fait partie de l'archipel de Santorin,
situé à 120 km au nord de la Crète. La plus grande de toutes est en
forme de croissant, elle est environnée de Théresia, au nord-ouest et
d'Aspronisi, au sud-ouest. Au milieu de la baie se dresse le dôme
fumant du Nea Kaméni. Santorin est, en effet, un des seuls foyers
volcaniques encore en activité en Méditerranée. Partout, des falaises
abruptes de pierre ponce, de lave et de cendre, plongent dans les eaux
profondes de la mer.
Ancien cône formé par des éruptions à la fin du Pliocène et au début du Quaternaire, l'île de Thëra avait alors 15 km de diamètre. Formée de tufs volcaniques et calcaires, de lacs, elle fut le centre d 'une première éruption volcanique voici 25000 ans. Des cendres se répandirent alors sur toute la partie sud de la Méditerranée.
Puis
un nouveau cône se forma, et le volcan se tut pendant des millénaires.
Mais ce fut pour mieux se réveiller 23500 ans plus tard. Car c'est aux
environs de 1450 avant JC, que le volcan de l'île de Thêra explosa
littéralement, crachant même son magma igné et soulevant un nuage de
poussière suffisamment épais pour obscurcir le ciel jusqu'en Égypte. Au
vu de ce phénomène cataclysmique, dit-on, le pharaon Aménophis III
l'interpréta comme le courroux des dieux et s'empressa de faire la paix
avec ses voisins.
La mer se couvrit de boue et de pierre ponce en si grande quantité que la mer Égée du sud fut pendant longtemps impraticable à la navigation. On retrouve là, l'observation de Platon indiquant qu'au lendemain de la submersion de l'Atlantide, "l'océan était devenu difficile et inexplorable.
Bientôt, les cendres retombèrent partout où elles étaient en suspension, jusqu'à former une couche de trente à soixante centimètres. Thérâ et Thérésia devinrent de véritables déserts, se couvrant d'une couche de déjection volcanique de 30 à 45 mètres d'épaisseur!
Sur l'île de Crète elle-même, pourtant distante de 120 km, les cités minoennes furent ensevelies sous près de 30 centimètres de cendre et il en fut ainsi des côtes de la Grèce jusqu'au delta du Nil. De nos jours encore, des prélèvements effectués au sud de la Crète ont démontré qu'à des profondeurs même considérables, 3700 m, il était encore possible de retrouver des traces de cette cendre volcanique provenant de l'explosion de 1450 avant notre ère.
Consécutivement
à l'explosion, une vague énorme se souleva en réaction au formidable
mouvement des eaux dans la partie centrale du volcan (strongylé) qui
s'était effondré sous l'impact. Il s'ensuivit un gigantesque Tsunami
qui balaya toutes les côtes de la Méditerranée orientale, dévastant
complètement toutes les villes et lieux de peuplement à l'intérieur et
sur le pourtour de la mer Égée. Seules, ou à peu près, les villes de
Palaikastro et Zokro, situées très à l'Est de la partie basse de la
Crète, semblent avoir échappé aux pires effets de cette dévastation.
Depuis
les découvertes d'Evans à Knossos, il est apparu aux archéologues que
cette déflagration paroxysmique fut à l'origine de l'effondrement de la
civilisation minoenne. Dès lors, les survivants de ce royaume moribond
s'expatrièrent à travers toute la Méditerranée, laissant derrière eux
des champs de ruines, des palais dévastés et une végétation anéantie
pour des dizaines d'années. Ils
se dispersèrent alors aux quatre coins de la mer Égée. A l'ouest, vers
l'Italie du sud et la Sicile; au nord, vers les Cyclades et
l'Atlantique; à l'est, vers la route de Rhodes, de Chypre et du Levant;
au sud enfin, vers l'Égypte où leur influence fut prépondérante.
Cependant,
il faut remarquer que si l'histoire de cette civilisation ressemble
étrangement à celle de la civilisation atlante, de nombreux détails
sont incompatibles avec le récit de Platon, notemment en ce qui
concerne l'époque, la taille de l'île ainsi que la faune et la flore.
Certains ont tentés d'expliquer les problèmes de date et de taille par
une mauvaise interprétation du système métrique égyptien par le grec
Solon, ce qui l'aurait conduit à surestimer tout les chiffres d'un
facteur 10.
Une
autre remarque peut être faite sur le problème récurrent de la taille
de l'île: personne n'a jamais pu dire avec certitude si cette taille
(aussi grande que l'Asie et la Lybie réunies) concernait l'île seule ou
tout les territoires dominés par la civilisation atlante.
Enfin,
il est toujours possible que Platon ait mélangé des éléments réels (la
disparition de la civilisation minoenne, qui a fortement influencé les
grecs) et des éléments fictifs (taille, localisation, période,
descriptions idylliques...) lorsqu'il a écrit sa satyre politique.
29 novembre 2005
le mythe de l'Atlantide - 3
L'hypothèse atlantique (interprétation littérale de l'oeuvre de Platon)
L'hypothèse privilégiée pour la localisation de l'Atlantide est celle d'une île
située entre le continent européen et le continent américain tel que décrit dans le Timée et le Critias de Platon.
Les descendants des atlantes seraient alors les Basques, les habitants des
îles Canaries et certaines tribus sud-américaines et centre-américaines.
Pourtant, si on observe une carte bathymétrique de l'océan Atlantique, on s'aperçoit rapidement de l'absence de toute masse continentale dans cet océan. Seule une longue chaîne montagneuse sous-marine (la dorsale médio-océanique) occupe la partie centrale de ce bassin océanique. Elle culmine entre 1000 et 2000 m au-dessus des plaines abyssales (mais reste malgré tout immergée sous plus de 2500 m d'eau en moyenne!).
Difficile donc de croire à la présence de cette île-continent ayant la taille de la Lybie et de l'Asie réunies. Et pour ceux qui pensent qu'une île peut "couler" au fond de l'océan et disparaître, je rappelle qu'une île est le sommet émergé d'une montagne sous-marine ou une remontée du fond marin. Une île ne peut donc pas "couler" au fond de l'océan puisqu'elle est le fond de l'océan ! Au mieux, elle peut s'affaisser et être engloutie, mais elle devrait rester visible sur les relevés bathymétriques.
Archipel des Bermudes ou des Bahamas ?
En 1968, on découvrit une structure engloutie dans l’archipel des Bahamas à proximité de l’île de Bimini (triangle des bermudes). Des recherches s’en suivirent menées par M.Valentine conservateur du musée des sciences de Miami et D.Rebikoff expert en photographies sous-marines.


On y trouva deux murs d’une construction datant de 8.000 à 10.000 ans. Cette
découverte a pour principal intérêt de rejoindre une vision du médium
Edgar Cayce dans laquelle il révélait en
1933: "Les vestiges du
temple de Poséidon, portion engloutie de l'Atlantide, vont ressurgir de
la vase des fonds sous-marins près de l'île de Bimini au large de la
Floride et probablement vers les années 1968 ou 1969."
Toutefois, cette hypothèse est loin de
faire l'unanimité, les géologues interprétant ces vestiges de "murs" et
de "routes pavées" comme étant des formations naturelles.Ces structures résulteraient d'une concrétion naturelle formée à partir du sable issu de l'érosion rocheuse. En effet, dans certaines conditions particulières, l'eau de mer peut en quelque sorte "cimenter" les grains de sable qui, alors, finissent par former des couches rocheuses. Sous l'effet des écarts de température et/ou de pression et de l'érosion, il arrive que la pierre se fende et se divise en blocs plus ou moins réguliers. Quant aux colonnes de marbre, colonnes "cannelées" était-il même précisé, elles sont très fortement "soupçonnées" de n'être que des blocs de ciment ayant servi de lest à un navire...
Une fois encore, je ne peux que conseiller d'aller faire un tour sur le site l'épopée atlante pour compléter ce tour d'horizon des diverses hypothèses "atlantiques" et leur degré de fiabilité).
24 novembre 2005
le mythe de l'Atlantide - 2
Hypothèse de la métaphore politique
Pour la plupart des spécialistes de l'œuvre du grand philosophe grec, l'Atlantide est un conte, une création, un mythe que Platon aurait fabriqué de toutes pièces dans un but philosophique. (Même l'inachèvement du Critias est considéré par certains comme volontaire).
L'Athènes archaïque présentée dans le
Critias et
l'Atlantide seraient les deux visages de la seule et unique Athènes que Platon juge très sévèrement. Afin de mettre en
lumière les défauts de la cité grecque et de sa population, il les aurait comparés à une civilisation
idéalisée et utopique vivant sur un continent imaginaire. Le mythe
atlante serait donc un
pamphlet politique destiné à dénoncer l'impérialisme athénien et se
dissimulant par prudence sous le masque de la fiction. Ces mêmes
spécialistes ne manquent pas de noter les ressemblances entre la
description de l'Atlantide par Platon et l'Enquête d'Hérodote, voyant
dans les descriptions d'Ecbatane (capitale des Mèdes) et de Babylone
(capitale mésopotamienne) des "modèles" possibles
pour la capitale atlante. L'Egypte telle que décrite par Hérodote est
également pressentie comme une source possible d'inspiration pour la
description du puissant empire atlante. On
retrouverait aussi des échos des guerres médiques, de la guerre du
Péloponnèse, de l'expédition de Sicile.
Cependant, Platon n'est ni un historien, ni un poète, mais bien un philosophe, et certainement un des plus grands. S'il a introduit l'Atlantide dans son discours celà doit être pour une raison sérieuse. Pour appuyer et renforcer sa démonstration politique ? C'est possible. Mais était-il indispensable alors de fournir un tel luxe de détails ? Le doute est permis.
Ce doute a d'ailleurs pour origine le texte de Platon lui-même, comme le montre ces quelques extraits du prologue du Timée:
CRITIAS:
…Oyez donc, Socrate, une histoire très singulière, mais absolument
vraie, à ce que dit une fois Solon, le plus sage des sept sages…
SOCRATE: … Mais quel est cet exploit que Critias rapporta, non comme
une simple fiction mais comme un haut fait réellement et anciennement
accompli par cette cité
CRITIAS: …Quel était-il, comment fut-il accompli et de
qui Solon l'avait-il appris pour le rapporter comme véritable ?
SOCRATE: …Et surtout qu'il ne s'agisse pas d'une légende fabriquée à
plaisir, mais d'une histoire vraie, voilà qui est considérable!
Pourquoi
tant insister sur la véracité de l'histoire contée ? Parce qu'elle est
vraie ? Ou pour faire oublier justement qu'elle ne l'est pas ?
Nul doute que l'hypothèse du
pamphlet politique visant à critiquer la société athénienne antique avancée par les chercheurs est
très certainement exacte. Mais celà met-il vraiment un terme au débat
sur la réalité de cette civilisation ? Ne
pourrait-on pas imaginer Platon plus subtil penseur encore que l'on a pu jusqu'alors l'imaginer
? Platon, qui était un des plus
brillants esprits de son temps, n'aurait-il pas pu avoir accès à des enseignements ésotériques (c'est à dire opposé à
"exotérique") et mettre les connaissances qu'il aurait pu avoir de
l'existence d'une société antédiluvienne au service de sa démonstration ?
Alors ? Chimère ou réalité ? Chacun son opinion.
Dans les
messages suivants, je parlerai des différentes hypothèses avancées en
faveur de la réalité de ce mythe, hypthèses parfois bien éloignées de
la représentation idéalisée que se font la plupart des gens de ce
mythique continent: celle d'une civilisation technologiquement et
spirituellement plus avancée que nous, détentrice d'un savoir et d'une
sagesse depuis longtemps perdues.
(certains passages de ce message sont inspirés du site l'épopée atlante qui retrace de façon très complète et très claire l'histoire de cette légende)
19 novembre 2005
le mythe de l'Atlantide - 1
Plusieurs lectures prophétiques réalisées par Edgar Cayce parlent du continent mythique de l'Atlantide et de sa prochaine réapparition. Avant de voir plus en détail ces prophéties, revenons un instant sur le mythe de l'Atlantide et les diverses interprétations qui en ont été faites au cours des siècles.
L'histoire
La première référence connue à ce continent est faite dans le "Timée" et le "Critias", oeuvres du philosophe grec Platon (vers 427-348 avant Jésus-Christ). Dans ces ouvrages, Platon raconte comment, lors d'un voyage en Egypte, des prêtres auraient révélé au philosophe grec Solon l'existence, il y a environ neuf mille ans, d'un immense continent, plus grand que l’Afrique du Nord et l’Asie mineure réunies, et situé au-delà des colonnes d'Héraklès (que la plupart s'accordent à identifier à l'actuel détroit de Gibraltar).
" On pouvait alors traverser cet Océan ; car il s'y trouvait une île devant ce détroit que vous appelez, dites-vous, les colonnes d'Héraclès. Cette île était plus grande que la Libye et l'Asie réunies. De cette île on pouvait alors passer dans les autres îles et de celles-ci gagner tout le continent qui s'étend en face d'elles et borde cette véritable mer.
" Car tout ce qui est en deçà du détroit dont nous parlons ressemble à un port
dont l'entrée est étroite, tandis que ce qui est au-delà forme une véritable mer et
que la terre qui l'entoure a vraiment tous les titres pour être appelée continent. Or
dans cette île Atlantide, des rois avaient formé une grande et admirable puissance, qui
étendait sa domination sur l'île entière et sur beaucoup d'autres îles et quelques
parties du continent. En outre, en deçà du détroit, de notre côté, ils étaient
maîtres de la Libye jusqu'à 'Egypte, et de l'Europe jusqu'à la Tyrrhénie...
(extraits du Timée)


Platon
et Aristote
carte de l'île-continent Atlantide
Ce continent était constitué de plaines fécondes et d’immenses forêts. Il était doté d’une flore luxuriante et d’une faune variée, avec, notemment, de grands troupeaux d’éléphants. Le sol recelait de riches filons d’or, d’argent et d’autres métaux. Cette île-continent, d’une immense et extraordinaire puissance, était l’Atlantide. À l’extrémité sud du continent, les rois bâtirent une ville d’une magnificence à la mesure de l’extraordinaire puissance que leur valait une terre si fortunée. Cette cité, nommée elle aussi Atlantide, était formée par sept cercles concentriques de terre et de canaux. Au coeur de celle-ci, se dressait la résidence royale où vivait le grand roi de l'Atlantide: Atlas (celui-là même qui donna son nom au mont et au continent). On y voyait des temples, des palais et des édifices publics tous d'une architecture prodigieuse. Le plus formidable de tous était le grand temple dédié au dieu Poséidon. Ses façades extérieures étaient entièrement couvertes d'argent et ses toits étaient plaqués d'or. A l'intérieur, les voutes étaient en ivoire ciselé, incrusté d'or, d'argent et d'orichalque. Le temple était aussi orné de statues toutes en or. L'une surpassait les autres, celle représentant Poséidon se tenant debout sur un char attelé à six chevaux ailés, et d'une grandeur tele que la figure touchait la voûte de l'édifice. Dans les enceintes extérieures de la cité se trouvaient un hippodrome et des habitations populaires et dans les ports intérieurs se pressaient les navires de guerre. car les rois Atlantes, ayant perdu au cours des siècles leur sagesse et leur respect des lois, étaient devenus avides et cruels. Animés de visée expansionnistes, puissants et prospères, ils ambitionnaient de devenir les maîtres du monde entier.
" ... Nous avons déjà dit, au sujet du tirage au sort que firent les dieux, qu'ils partagèrent toute la terre en lots plus ou moins grands suivant les pays et qu'ils établirent en leur honneur des temples et des sacrifices.
" ...C'est ainsi que Poséidon, ayant eu en partage l'île Atlantide, installa des enfants qu'il avait eus d'une femme mortelle dans un endroit de cette île que je vais décrire. Du côté de la mer, s'étendait, par le milieu de l'île entière, une plaine qui passe pour avoir été la plus belle de toutes les plaines et fertile par excellence. Vers le centre de cette plaine, à une distance d'environ cinquante stades, on voyait une montagne qui était partout de médiocre altitude. Sur cette montagne habitait un de ces hommes qui, à l'origine, étaient, en ce pays, nés de la terre. il s'appelait Evénor et vivait avec une femme du nom de Leucippe, ils engendrèrent une fille unique, Clito, qui venait d'atteindre l'âge nubile, quand son père et sa mère moururent. Poséidon, s'en étant épris, s'unit à elle ...
"...Lui-même embellit l'île centrale, chose aisée pour un dieu. Il fit jaillir du sol deux sources d'eau, l'une chaude et l'autre froide, et fit produire à la terre des aliments variés et abondants. Il engendra cinq couples de jumeau mâles, les éleva, et, ayant partagé l'île entière de l'Atlantide en dix portions, il attribua au premier né du couple le plus vieux la demeure de sa mère et le lot de terre alentour, qui était le plus vaste et le meilleur; il l'établit roi sur tous ses frères et, de ceux-ci, fit des souverains, en donnant à chacun d'eux un grand nombre d'hommes à gouverner et un vaste territoire. Il leur donna des noms à tous. Le plus vieux, le roi, reçut le nom qui servit à désigner l'île entière et la mer qu'on appelle Atlantique, parce que le premier roi du pays à cette époque portait le nom d'Atlas. Tous ces fils de Poséidon et leurs descendants habitèrent ce pays pendant de longues générations.…
" ...Et voilà comment tout était disposé autour du palais des rois:
Quand on avait traversé les trois ports extérieurs, on trouvait un mur circulaire commençant à la mer et partout distant de cinquante stades de la plus grande enceinte et de son port. Ce mur venait fermer au même point l'entrée du canal du côté de la mer…
" ...Pendant de nombreuses générations, tant que la nature du dieu se fit sentir
suffisamment en eux, ils obéirent aux lois et restèrent attachés au principe divin
auquel ils étaient apparentés. Ils n'avaient que des pensées vraies et grandes en tout
point, et ils se comportaient avec douceur et sagesse en face de tous les hasards de la
vie et à l'égard les uns des autres. Aussi, n'ayant d'attention qu'à la vertu,
faisaient-ils peu de cas de leurs biens et supportaient-ils aisément le fardeau qu'était
pour eux la masse de leur or et de leurs autres possessions. Ils n'étaient pas enivrés
par les plaisirs de la richesse et, toujours maîtres d'eux-mêmes, ils ne s'écartaient
pas de leur devoir. Tempérants comme ils étaient, ils voyaient nettement que tous ces
biens aussi s'accroissaient par l'affection mutuelle unie à la vertu, et que, si on s'y
attache et les honore, ils périssent eux-mêmes et la vertu avec eux. Tant qu'ils
raisonnèrent ainsi et gardèrent leur nature divine, ils virent croître tous les biens
dont j'ai parlé. Mais quand la portion divine qui était en eux s'altéra par son
fréquent mélange avec un élément mortel considérable et que le caractère humain
prédomina, incapables dès lors de supporter la prospérité, ils se conduisirent
indécemment, et à ceux qui savent voir, ils apparurent laids, parce qu'ils perdaient les
plus beaux de leurs biens les plus précieux, tandis que ceux qui ne savent pas discerner
ce qu'est la vraie vie heureuse les trouvaient justement alors parfaitement beaux et
heureux, tout infectés qu'ils étaient d'injustes convoitises et de l'orgueil de dominer.
Alors le dieu des dieux, Zeus, qui règne suivant les lois et qui peut discerner ces
sortes de choses, s'apercevant du malheureux état d'une race qui avait été vertueuse,
résolut de les châtier pour les rendre plus modérés et plus sages. A cet effet, il
réunit tous les dieux dans leur demeure, la plus précieuse, celle qui, située au centre
de tout l'univers, voit tout ce qui participe à la génération, et, les ayant
rassemblés, il leur dit: ... " (extraits du Critias)
Les atlantes se lancèrent à la conquête
des rives de la Méditerranée et s'emparèrent de l'Egypte puis de la
Lybie. Ils étendirent rapidement leur empire à tout le bassin
méditerranéen et au-delà.
L'état d'Athènes (pas l'actuel, un
autre état athénien qui aurait existé à la même époque) se trouva
menacé par les ambitions expansionnistes des Atlantes. Une guerre eclata et, au cours
d’une grande bataille, les guerriers atlantes furent vaincus
par les guerriers athéniens. Mais juste après cette glorieuse victoire,
l’antique cité d'Athènes fut détruite par des tremblements de terre et des
inondations dont la violence provoqua également l’engloutissement dans
la mer du continent de l’Atlantide. Tout se passa en l’espace d’un jour
et d’une nuit.
" Mais dans le temps qui suivit, il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l'espace d'un seul jour et d'une seule nuit néfastes, tout ce que vous aviez de combattants fut englouti d'un seul coup dans la terre, et l'île Atlantide, s'étant abîmée dans la mer, disparut de même.
" Voilà pourquoi, aujourd'hui encore, cette mer-là est impraticable et
inexplorable, la navigation étant gênée par les bas fonds vaseux que l'île a formés
en s'affaissant..." (extraits du Timée)
09 novembre 2005
Edgar Cayce, le prophète endormi
Edgar Cayce naquit près de Hopkinsville, dans l’État du Kentucky, le 18 mars 1877. Aîné de cinq enfants, il fut élevé avec ses quatre sœurs dans le cadre de la vie rurale de la fin du dix-neuvième siècle, entouré de ses grands-parents, oncles, tantes et cousins, qui habitaient aux environs. Il aimait à jouer avec de petits compagnons fictifs, lesquels disparurent au fur et à mesure qu’il grandissait. À cette époque, le pays traversait une renaissance religieuse dont l’ardeur pouvait expliquer, au moins partiellement, le profond attrait d’Edgar pour la Bible et son aspiration à devenir médecin missionnaire. Personne n’aurait alors soupçonné de quelle façon singulière son rêve s’accomplirait.
À six ou sept ans, il conta à ses parents qu’il avait des visions surnaturelles et conversait parfois avec son grand-père défunt. Ceux-ci n’y prêtèrent guère attention, pensant qu’il s’agissait du fruit d’un esprit chimérique. Edgar se réfugiait dans la lecture de la Bible, ce qui lui procurait tant de satisfaction qu’il résolut de lire les saintes Écritures du commencement à la fin une fois pour chaque année de sa vie. Les histoires et les personnages bibliques acquirent ainsi une place prépondérante dans son existence. À l’âge de treize ans, il eut une expérience qui le marqua pour toujours: l’apparition d’un être angélique, une belle dame, qui lui demanda ce qu’il désirait le plus. Edgar lui répondit qu’il souhaitait assister autrui, en particulier les enfants malades.
Peu après, il s’aperçut qu’il lui était possible de mémoriser ses manuels scolaires en dormant un moment dessus, aptitude que l’on ne pouvait plus attribuer à une imagination débordante. Sans même les avoir lus, il était capable de s’endormir sur des livres ou des documents de n’importe quelle longueur ou complexité et, en s’éveillant, d’en répéter le contenu exact. Cette qualité le favorisa en classe, mais s’évanouit graduellement. Afin d’aider ses parents sur le plan financier, il quitta l’école à seize ans et alla travailler avec un oncle à la ferme de sa grand-mère.
L’année suivante, la famille s’installa à Hopkinsville. Edgar fut engagé dans une librairie. Quelques mois plus tard, il fit la connaissance de Gertrude Evans, dont il tomba amoureux. Le 14 mars 1897, quatre jours avant son vingtième anniversaire, il se fiança avec elle. Tous deux décidèrent de se marier dès qu’il aurait les moyens de fonder un foyer.
En juin 1898, Edgar perdit son poste et œuvra quelque temps dans un grand magasin avant de se rendre à Louisville, vaste cité commerçante du Kentucky où il avait obtenu un emploi mieux rémunéré dans une importante librairie. À Noël 1899, il revint à Hopkinsville et s’associa avec son père, Leslie Cayce, alors agent d’assurances. Edgar se mit à voyager de ville en ville, vendant des assurances ainsi que des livres et des articles de bureau. À vingt-trois ans, au tournant du siècle, sa situation pécuniaire lui laissait entrevoir un mariage proche, lorsqu’il fut atteint d’une extinction de voix après avoir absorbé un sédatif. Au début, il ne s’inquiéta point, croyant que l’affection passerait. Remarquant qu’elle persistait, il consulta médecins et spécialistes, qui ne parvinrent pas à le soigner. Incapable de s’exprimer au-delà d’un murmure, il rechercha une activité professionnelle qui n’exigeât guère de parler.
Il trouva à Hopkinsville une place idéale, comme apprenti-photographe. En effet, même si sa condition s’avérait incurable, il serait près de Gertrude et des siens. Il regrettait souvent de ne pas avoir pu poursuivre ses études afin de devenir prêtre ou médecin, mais il se réconfortait en lisant la Bible et se réjouissait à l’idée de se marier et d’avoir des enfants.
À cette époque où l’hypnotisme et les spectacles théâtraux étaient très populaires, un hypnotiseur ambulant qui se faisait appeler "Hart, le roi du rire !" parut au théâtre de Hopkinsville. Hart avait du succès et était consciencieux. Quand il fut au courant de la maladie d’Edgar, il accepta d’essayer de le guérir. Dans une première séance, Hart l’hypnotisa et lui suggéra qu’il allait recouvrer la voix. À la grande surprise des personnes présentes, Edgar répondit d’un ton normal aux questions qu’on lui posa. Cependant, son cerveau n’obéit pas à la suggestion post-hypnotique de continuer à parler clairement après la séance. Hart réitéra la tentative à plusieurs reprises, obtenant toujours le même résultat: endormi, Edgar s’exprimait à la perfection ; éveillé, il retournait à son murmure antérieur. Les journaux locaux commentèrent l’événement, et lorsque Hart s’éloigna, pris par d’autres obligations, beaucoup de gens restèrent persuadés que l’hypnotisme était la solution au problème de Cayce.
Sachant que certains patients manifestaient sous hypnose des facultés de voyance, un spécialiste de New York, que le cas intéressait, conseilla de renouveler l’expérience mais, cette fois, en demandant à Edgar de se prononcer sur sa propre difficulté, au lieu de lui suggérer seulement de retrouver la voix. Ses parents s’y opposèrent parce que les séances avec Hart l’avaient affaibli et rendu extrêmement nerveux. Gertrude n’intervint pas, laissant son fiancé choisir lui-même, puisque Edgar aimait la photographie et que, de toute façon, ils pourraient vivre heureux ensemble.
Cayce décida de se soumettre à une ultime tentative sous la conduite d’un autodidacte de la localité, Al Layne, qui pratiquait l’hypnotisme et étudiait l’ostéopathie par correspondance. En outre, il proposa d’entrer dans un état analogue à celui qui lui permettait de mémoriser ses livres de classe dans son adolescence. Quand il fut endormi, Layne l’interrogea sur la cause de son mal et la manière d’y remédier. Et Cayce répondit! Il définit le problème comme "un trouble psychologique produisant un effet physique" et recommanda que, pendant qu’il était inconscient, on lui suggérât d’intensifier la circulation sanguine dans la zone affectée. Layne s’exécuta. L’on put observer comment la partie supérieure de la poitrine et la gorge d’Edgar devinrent écarlates et chaudes au toucher. Edgar demeura ainsi une vingtaine de minutes, en silence ; il réclama ensuite qu’avant de l’éveiller, on lui intimât l’ordre de régulariser la circulation sanguine. Layne respecta ces instructions et, éveillé, Cayce s’exprimait parfaitement, rétabli de sa maladie qui avait duré un an. À cette date, le 31 mars 1901, Edgar Cayce avait donné sa première lecture psychique.
Aussi bien lui que ses parents et Gertrude se félicitèrent de cette issue inespérée. Maintenant, son but était de réussir dans la photographie et de se marier au plus tôt. Cayce, par conséquent, aurait négligé son don inappréciable, sans l’intérêt de Layne pour l’extraordinaire phénomène dont il avait été témoin. Layne souffrait depuis des années de désordres gastriques que les docteurs se révélaient impuissants à soulager, et l’idée lui vint de solliciter une lecture à ce propos. Il était sûr que ses connaissances en médecine lui feraient identifier tout remède nuisible que pourrait indiquer Cayce. Malgré son scepticisme, celui-ci acquiesça, car il se sentait redevable envers Layne de l’avoir aidé à récupérer la voix. La lecture eut lieu de façon similaire à la précédente. Endormi, Edgar décrivit l’affection en détail et préconisa certaines plantes médicinales, un régime et des exercices physiques. En une semaine, Layne se portait tellement mieux qu’il s’enthousiasma davantage pour la faculté de Cayce et encouragea ce dernier à essayer de résoudre d’autres cas.
Edgar hésita, parce qu’il ne comprenait pas le phénomène et ne possédait aucune formation médicale. De plus, son seul objectif était de se marier, d’avoir des enfants et de mener une vie tranquille. Mais Layne lui répétait que si son talent s’avérait bénéfique, il avait la responsabilité morale de le vouer au service de l’humanité. Finalement, après avoir beaucoup discuté en famille, prié et examiné la Bible, Edgar accepta de poursuivre à deux conditions: d’une part, s’il émettait un jour quelque conseil dangereux, les lectures seraient aussitôt arrêtées ; d’autre part, les personnes impliquées se souviendraient qu’il était avant tout photographe.
L’une des premières lectures fut réalisée pour une fillette de cinq ans nommée Aime Dietrich, gravement malade depuis déjà trois ans. À la suite d’une grippe, son cerveau ne se développait plus et de fréquentes convulsions agitaient son petit corps. En dépit des médecins et des spécialistes consultés, son regard restait vide et son état empirait.
Layne dirigea la lecture et nota ce que dit Cayce en transe. Celui-ci affirma que le problème avait surgi peu avant que l’enfant ne s’enrhumât, lorsqu’elle s’était contusionné la colonne vertébrale dans une chute survenue en descendant d’une voiture à cheval (accident confirmé par la mère) ; des microbes de la grippe s’étaient logés dans la partie traumatisée de la moelle épinière, engendrant les convulsions. Edgar recommanda que Layne procédât à certaines manipulations ostéopathiques. Dans une lecture de contrôle, il mentionna que ces dernières n’avaient pas été correctement exécutées et donna de nouvelles instructions. Après plusieurs tentatives, Layne les accomplit de manière adéquate. Au bout de quelques jours, Aime appela par son nom une poupée avec laquelle elle jouait avant de tomber malade. Plus tard, elle reconnut d’autres objets et aussi ses parents. Les convulsions cessèrent complètement et, en moins de trois mois, l’enfant était florissante de santé, normale à tous égards.
Bien que ravi d’avoir pu se montrer utile, Cayce prétendait uniquement à une existence paisible. Cependant, l’enthousiasme de Layne, de son propre père et de gens tels que les parents d’Aime, l’empêcha de concrétiser son désir. Edgar continua à effectuer des lectures gratuites sous la supervision de Layne. Très vite, on découvrit qu’il n’avait besoin que du nom d’une personne et de l’endroit où elle se trouvait pour décrire son état général, diagnostiquer ses maux, prescrire un traitement et répondre aux questions la concernant. Si les lectures le troublaient, car il n’en saisissait guère le sens en lisant les notes de Layne, il n’oubliait jamais de remercier Dieu chaque fois que cette faculté lui permettait de secourir quelqu’un.
En ce temps-là, Edgar résidait à Bowling Green, à une centaine de kilomètres de Hopkinsville, et travaillait dans une librairie. Layne le rejoignait tous les dimanches afin d’obtenir des lectures pour ses patients. Le 17 juin 1903, après des fiançailles de plus de six ans, Gertrude Evans et Edgar Cayce célébrèrent leur mariage. Edgar ne s’habituait toujours pas aux lectures, mais sa vie le satisfaisait: il avait une épouse aimante, un foyer, un emploi bien rémunéré, et enseignait le catéchisme. L’année suivante, il monta un studio photographique avec un associé.
Grâce à Cayce, Layne vit sa réputation et sa clientèle s’accroître tant, qu’il décida de devenir ostéopathe professionnel. Il quitta Hopkinsville et entra dans une école d’ostéopathie au sud du Kentucky. Edgar se trompait en croyant que cela mettrait un terme aux lectures. En effet, il avait suscité la curiosité d’un groupe de médecins locaux, qui pratiquèrent sur lui des tests, parfois préjudiciables, destinés à explorer la nature et l’origine de son pouvoir psychique.
Cayce se consacrait essentiellement à la photographie et excellait en son art. Le studio prospérait. Pourtant, lorsqu’un incendie détruisit une importante collection d’aquarelles et de reproductions qu’il avait en dépôt, Edgar s’endetta. Neuf mois plus tard, un autre incendie dévasta le studio. Cayce le rouvrit en deux semaines, et assuma seul les pertes parce que son associé s’était retiré. Gertrude retourna à Hopkinsville avec Hugh Lynn, leur fils né le 16 mars 1907. Edgar demeura à Bowling Green jusqu’à ce qu’il eût comblé son déficit. Il en partit ruiné en août 1909, et chercha un poste en Alabama où les photographes étaient rares.
À Noël, il rendit visite à sa famille. Son père le présenta au docteur Wesley Ketchum, homéopathe récemment établi dans la ville. Ce dernier, qui avait entendu parler des lectures par l’un des patients de Layne, en sollicita une. Il venait de se diagnostiquer une appendicite et voulait savoir si Edgar serait capable de la détecter. Celui-ci décela un trouble très différent et proposa un traitement simple. Afin de le ridiculiser, Ketchum consulta un confrère, lequel corrobora les déclarations d’Edgar. Ainsi fut-il persuadé de la véracité des lectures.
Le docteur Ketchum commença à recourir à la faculté de Cayce dans les cas difficiles qu’il rencontrait. En 1910, il soumit un rapport à la ‘Société américaine de recherches cliniques’, qualifiant Cayce de génie en médecine. Il en résulta que le 9 octobre, le journal ‘The New York Times’ publia un long article intitulé: "Un homme inculte devient médecin sous hypnose". Les requêtes pour des lectures affluant de toutes parts, le docteur Wesley Ketchum, Edgar Cayce, Leslie Cayce et Albert Noe, hôtelier fortuné, fondèrent la ‘Psychic Reading Corporation’ (Société de lectures psychiques). Edgar revint à Hopkinsville, où il installa un studio photographique, le ‘Studio d’art Cayce’. Chaque jour, durant ses heures libres, il donnait des lectures psychiques sur des problèmes médicaux. Il était cependant beaucoup plus heureux dans ses activités de photographe, et il lui faudrait encore un an avant de changer d’attitude vis-à-vis des lectures.
Quand George Dalton, riche entrepreneur de construction, se fractura la jambe et la rotule sur un chantier, plusieurs médecins lui dirent qu’il ne pourrait plus se déplacer normalement à cause de la gravité de la blessure au genou. Non satisfait du diagnostic, Dalton prit l’avis du docteur Ketchum. Dans une lecture, Edgar ordonna de consolider la rotule avec des clous. Une telle méthode était inconnue à l’époque, mais le docteur Ketchum eut confiance en Cayce et pratiqua l’opération chirurgicale. En quelques mois, Dalton marchait comme si l’accident n’était pas arrivé.
Gertrude et Edgar eurent un second fils en mars 1911, Milton Porter. Peu après la naissance, le bébé fut atteint de toux convulsive puis de colite. Malgré l’intervention de divers médecins, sa santé se détériora et les docteurs abandonnèrent tout espoir de le sauver. Cayce effectua alors une lecture. Il indiqua que Milton Porter était déjà trop malade et irrémédiablement perdu. L’enfant mourut en moins de deux mois.
Cayce et son épouse sombrèrent dans une profonde dépression. Lui se reprochait de ne pas avoir pensé plus tôt aux lectures, ce qui aurait peut-être épargné la vie du bébé; mais maintenant, il ne le saurait jamais. Quant à Gertrude, elle contracta une pleurésie qui, en empirant, l’obligea à garder le lit.
Vers la fin de l’été, le médecin de Gertrude modifia son diagnostic et informa Edgar qu’elle avait la tuberculose et dépérissait. Un spécialiste confirma la terrible réalité et tous, excepté son mari, se résignèrent à sa mort imminente. Edgar en appela à une lecture. Celle-ci rendait espoir et recommandait qu’en plus de prendre certaine préparation pharmaceutique, Gertrude se décongestionnât les poumons en inhalant les vapeurs se dégageant d’un tonnelet de chêne partiellement rempli d’eau-de-vie de pomme. Les docteurs décrétèrent que le remède se révélerait inutile, pourtant Ketchum le prescrivit. Au bout de deux jours, la fièvre était tombée et Gertrude se sentait mieux. Son état continua de s’améliorer et, en novembre, même les médecins se montrèrent optimistes. En janvier 1912, Gertrude était presque totalement remise de sa maladie.
Cette année-là, un délégué de l’université de Harvard, le docteur Hugo Münsterberg, se présenta à Hopkinsville pour s’enquérir du talent psychique de Cayce. Il envisageait de souiller sa réputation en prouvant son charlatanisme. Lorsqu’il partit, il était convaincu de la légitimité et de l’efficacité des lectures. Il incita Edgar à exercer son don hors du commun qui apaisait tant de souffrances.
Cayce rompit son association avec Ketchum et Noe, et alla travailler comme photographe à Selma, en Alabama. L’année suivante, il acheta lui-même le studio dont il était gérant et fit venir Gertrude et Hugh Lynn. Là, il put échapper à sa notoriété grandissante et mener une vie tranquille en famille. Toutefois, cela ne dura guère. Un jour, son fils se brûla sévèrement les yeux en jouant dans le studio avec de la poudre de magnésium servant au flash. Les médecins affirmèrent que l’enfant ne recouvrerait pas la vue et préconisèrent l’ablation d’un œil. Dans une lecture, Cayce assura que Hugh Lynn n’avait point perdu la vue ; celui-ci devait rester dans une chambre obscure pendant deux semaines, en ayant constamment sur les yeux des compresses imprégnées de la solution spécifiée par les docteurs, additionnée d’un ingrédient. Il n’y eut pas d’intervention chirurgicale, et quand on lui ôta les bandages, l’enfant voyait ! Les journaux locaux relatèrent l’épisode, de sorte que Cayce, à nouveau renommé, donna des lectures en plus de s’occuper du studio photographique. Par ailleurs, comme dans toutes les villes où il avait vécu, il participait aux activités de la paroisse et enseignait le catéchisme. Le 9 février 1918, Gertrude et Edgar eurent un autre fils, Edgar Evans.
Le nombre croissant de requêtes pour des lectures fit apparaître
une difficulté: beaucoup de gens ne trouvaient pas de médecins disposés à
observer les instructions d’un homme qui leur était inconnu et qui
diagnostiquait, dans un état d’autohypnose, les maladies de patients que
souvent lui-même n’avait jamais vus. Cayce commença à songer à un hôpital
où docteurs, infirmiers et thérapeutes appliqueraient les traitements mentionnés
dans les lectures.
Ce rêve de l’hôpital l’amena à s’associer avec des
hommes cherchant du pétrole au Texas. Edgar se rendit là-bas dans le dessein
de procéder à des lectures sur de possibles sites d’exploitation. Ils édifièrent
un derrick et forèrent un puits, néanmoins n’atteignirent pas le gisement à
cause de multiples obstacles. Les lectures signalèrent que les renseignements
qu’elles fournissaient ne devaient pas être employés à des fins
personnelles, mais que certains associés de Cayce ne partageaient point son
ambition de créer un hôpital et désiraient uniquement s’enrichir.
Après cette tentative décevante qui avait duré quatre ans, Edgar retourna à Selma. Il reprit son existence là où il l’avait laissée, avec son épouse, ses deux enfants, son travail et sa fonction à l’Église. Ses leçons de catéchisme devinrent les plus populaires de la région, car il savait animer les personnages et les récits bibliques. En septembre 1923, il engagea une secrétaire du nom de Gladys Davis pour transcrire tout ce qui se disait au cours des lectures, alors conduites par Gertrude.
Jusqu’à ce moment, l’information psychique communiquée par Cayce concernait exclusivement la médecine. Cependant, Arthur Lammers, imprimeur de la ville de Dayton, en Ohio, passionné de philosophie et de métaphysique, sollicita une lecture sur son horoscope. Dans la partie finale, Edgar fit une curieuse déclaration: "Il fut moine dans le passé", posant ainsi l’hypothèse de la réincarnation et ouvrant la porte à de nouvelles perspectives.
Cette révélation constitua un dilemme pour Cayce: s’il ne doutait pas de la véracité, de l’utilité et de l’exactitude des lectures en matière de santé, une telle référence directe à la réincarnation lui semblait s’opposer aux principes chrétiens traditionnels. Il pria à cet égard, interrogea son être intérieur, effectua des lectures et relut entièrement la Bible sous l’angle de la réincarnation. De cette manière, il acquit une sublime vision d’unité entre les grandes religions du monde, centrée sur le judéo-christianisme.
Edgar Cayce découvrit que le concept de la réincarnation s’appuyait sur les notions philosophiques suivantes: la vie est éternelle et possède un but ; tout ce qui existe émane de Dieu et fait partie de Dieu ; en tant qu’âmes, nous sommes enfants du Créateur et, par conséquent, égaux ; nous avons reçu le libre arbitre — un jour, nous choisissons le chemin de l’altruisme. Cayce s’aperçut que la réincarnation, compatible avec n’importe quelle religion, s’accordait avec son propre entendement des enseignements du Christ.
À partir de cette date, Edgar réalisa des lectures, non plus sur le seul corps physique, mais aussi sur l’esprit et l’âme, ainsi que sur les vies antérieures des gens qui le consultaient et les répercussions des dites expériences précédentes dans leur incarnation actuelle. Ces exposés furent appelés "lectures de vie". Avec le temps, l’information transmise se diversifia et embrassa une vaste gamme de sujets. Elle aborda, entre autres, des préceptes mentaux et spirituels, des considérations inédites sur la psychologie et la parapsychologie, des conseils destinés à améliorer nos relations personnelles, l’histoire de la Création, les civilisations disparues, une description fascinante de la vie de Jésus.
Les lectures étant de plus en plus demandées, Cayce abandonna son studio photographique afin de s’y consacrer pleinement et de rechercher des investisseurs pour la construction de l’hôpital. Il se mit à accepter les donations, sans jamais toutefois refuser d’aider ceux qui ne pouvaient payer. En vertu de l’indiscutable bienfait des lectures, plusieurs personnes s’offrirent à commanditer l’hôpital dont il rêvait. Néanmoins, un groupe voulait le bâtir à Chicago, un autre à Dayton, tandis que les lectures spécifiaient Virginia Beach ou les alentours. Finalement, Morton Blumenthal, agent de change à la Bourse de New York, consentit à financer le projet à l’endroit préconisé.
En septembre 1925, la famille Cayce, accompagnée de Gladys Davis, s’installa à Virginia Beach, en Virginie. Une organisation, ‘Association of National Investigators, Inc.’ (Association de chercheurs nationaux), fut fondée en 1927. Sa mission était d’analyser et d’expérimenter l’information contenue dans les lectures ; sa devise: "Rendons manifeste notre amour pour Dieu et l’humanité." L’année d’après, le 11 novembre 1928, l’hôpital Edgar Cayce fut inauguré. Des patients venaient de tout le pays, désireux d’obtenir des lectures et de recevoir les soins d’un personnel compétent. Lors des lectures, Cayce diagnostiquait les maladies et prescrivait différents modes de traitement, depuis un changement de régime alimentaire jusqu’à une intervention chirurgicale. Il ne favorisait aucune branche de la médecine, mais les recommandait toutes, sélectionnant dans chaque cas les plus appropriées à l’état du patient.
Le krach boursier d’octobre 1929 marqua l’aube de la grande crise économique. Malgré cela, une université à vocation humanitaire, ‘Atlantic University’ (Université Atlantique), débuta ses cours en 1930. En février 1931, l’hôpital dut fermer et l’organisation se dissoudre, par manque de ressources financières. L’université parvint à survivre jusqu’à Noël.
En juin de la même année, l’A.R.E., ‘Association for Research and Enlightenment, Inc.’ (Association pour la recherche et l’éclairement), fut créée dans le but d’étudier et de diffuser les lectures de Cayce. L’Association se concentra essentiellement sur la médecine holistique et la guérison spirituelle ; la réincarnation ; les rêves et leur interprétation ; les phénomènes psychiques ; le pouvoir de la pensée ; la prière et la méditation ; les principes philosophiques et spirituels.
De nombreuses personnes souhaitant développer leur perception extrasensorielle s’adressaient à Edgar Cayce. Celui-ci leur répliquait qu’elles devaient d’abord s’efforcer d’élever leur niveau de conscience, puisque le psychique provenait de l’âme. Il leur assurait que si elles cultivaient les valeurs spirituelles, leurs facultés psychiques s’accentueraient naturellement, selon leurs besoins et le motif de leur présente incarnation. Cayce leur expliquait que si elles étaient disposées à incorporer les préceptes des lectures à leurs croyances religieuses ou philosophiques, elles obtiendraient des résultats favorables. Dans le cas contraire, il leur enjoignait de ne pas toucher à l’information des lectures et d’oublier ces dernières.
Au fil des ans, les aptitudes psychiques de Cayce s’amplifièrent. Un jour, il sortit en courant de la pièce où il se trouvait, terriblement angoissé car il avait vu que trois jeunes soldats auxquels il songeait ne rentreraient pas de la guerre. En outre, il distinguait les auras, définies comme le champ d’énergie lumineuse existant autour de tout ce qui vit. À travers elles, il percevait la condition physique et émotionnelle des gens.
À mesure que sa réputation s’étendait, davantage de sceptiques arrivaient à Virginia Beach dans l’unique dessein de l’accuser de fraude. Tôt ou tard, ils étaient convaincus de sa sincérité et de l’authenticité de son œuvre, et beaucoup sollicitaient même des lectures. Parmi eux, l’écrivain Thomas Sugrue, catholique fervent venu avec l’intention de mettre en évidence ce qu’il estimait être une imposture, rédigea la biographie "Il est un fleuve", publiée en 1943 du vivant de Cayce. De façon analogue, la revue ‘Coronet’, très populaire à cette époque, divulgua les conclusions de son enquête dans un article intitulé: "L’homme prodigieux de Virginia Beach". Ce reportage eut tellement de succès que Cayce devint plus célèbre que jamais.
Durant la seconde guerre mondiale, Edgar Cayce recevait des sacs de courrier. Pour tenter de satisfaire aux requêtes croissantes, il porta [augmenta] le nombre de lectures quotidiennes à six, au mépris de ses lectures personnelles qui l’avertissaient du danger d’en effectuer plus de deux par jour. En dépit de cela, il fallait demander une lecture deux ans à l’avance.
Au printemps 1944, Edgar commença à perdre ses forces. Les lectures lui conseillaient le repos, néanmoins il se sentait obligé de continuer à assister ceux qui recouraient à lui. Finalement, il tomba d’épuisement et, comme il avait réalisé sa première lecture pour lui-même en 1901, il se donna la dernière, en septembre 1944. Celle-ci l’exhortait à suspendre ses activités ; lorsque Gertrude s’enquit pendant combien de temps, la réponse fut: "Jusqu’à ce qu’il se rétablisse ou décède." Ce mois-là, il eut une attaque d’aploplexie et resta partiellement paralysé. Vers la fin de l’année, ses amis redoutèrent le pire. Edgar leur dit qu’il "guérirait" après le nouvel an, mais ils comprirent qu’il annonçait en réalité sa mort, laquelle se produisit le 3 janvier 1945. Jusqu’alors, personne n’avait remarqué que Gertrude était malade, tant elle se montrait courageuse et cachait ses propres tourments. Elle s’éteignit trois mois plus tard, le dimanche de Pâques.
En attendant que les enfants de Cayce revinssent de la guerre, Gladys Davis s’occupa d’archiver, de classer et de cataloguer l’information des lectures qu’elle-même avait, en bonne partie, notées puis recopiées avec effort et patience. Elle termina le projet en 1971, un quart de siècle après l’avoir entrepris! Au cours de son travail, elle put apprécier l’importance et la variété des thèmes mentionnés dans les lectures. Celles-ci couvrent quelque dix mille sujets différents et répondent à presque toutes les questions imaginables au temps de Cayce. En plus d’assumer cette tâche considérable, Gladys fit office de secrétaire des organisations liées à l’œuvre de Cayce, jusqu’à sa mort en 1986 à l’âge de quatre-vingt-un ans.
De son côté, Hugh Lynn Cayce se chargea de l’A.R.E. Il éveilla l’intérêt de bien des gens pour les concepts holistiques des lectures et le rôle de l’Association. Quand il décéda en 1982, les membres étaient passés de seulement quelques centaines à des dizaines de milliers. Aujourd’hui, d’innombrables personnes dans le monde bénéficient du legs d’Edgar Cayce sur la santé, la réincarnation, les rêves, la perception extrasensorielle, la méditation, la croissance spirituelle, l’étude comparative des religions, la vie dans l’au-delà, l’astrologie, les prophéties, les problèmes mondiaux, et davantage.
D’où provenait le savoir délivré dans les lectures? Cayce acquérait en général ses éléments de deux manières distinctes: en entrant en contact avec le subconscient de ceux qui sollicitaient les lectures ; en puisant dans "les annales akashiques", qu’il appelait aussi "le livre de la mémoire de Dieu", archives complètes pour toutes les âmes depuis leur création, inscrites dans les coordonnées espace-temps. Ayant accès aux sources universelles de connaissance, Cayce était capable de disserter sur n’importe quelle matière.
Actuellement, diverses organisations exploitent les renseignements fournis par Edgar Cayce. L’A.R.E., ‘Association for Research and Enlightenment, Inc.’ (Association pour la recherche et l’éclairement), est une association d’envergure mondiale qui continue à approfondir et à documenter les lectures. Elle en communique les préceptes au moyen de publications, de conférences, de séminaires, de réunions, ainsi que d’activités éducatives, culturelles et sociales pour adultes et jeunes. ‘Edgar Cayce Foundation’ (Fondation Edgar Cayce) est une organisation autonome légalement responsable des lectures. Elle examine les rapports entre les notions transmises par Cayce et celles procédant d’autres tendances. ‘Atlantic University’ (Université Atlantique), qui avait fermé ses portes en 1931, les rouvrit en 1985 ; elle offre un programme de maîtrise en études transpersonnelles. ‘Cayce-Reilly School of Massotherapy’ (École de massage Cayce-Reilly) forme masseurs et thérapeutes selon les principes holistiques des lectures. ‘A.R.E. Health Services Department’ (Département de santé de l’A.R.E.) utilise de tels concepts dans ses thérapies naturelles. ‘Health and Rejuvenation Research Center’ (Centre de recherches sur la santé et le rajeunissement) aide des patients et explore les sujets médicaux abordés par Cayce, en tenant compte des progrès de la médecine moderne.
L’existence de toutes ces organisations témoigne que l’information psychique contenue dans les lectures d’Edgar Cayce, photographe du début du vingtième siècle originaire de la campagne, a subi avec succès l’épreuve de l’intense investigation dont elle fait l’objet depuis de nombreuses années.
06 novembre 2005
La réponse de Chilbolton: complément d'information
Suite à mon message sur la probabilité que l'agroglyphe apparu à Chilbolton soit une vraie réponse au message émis depuis Arecibo, j'ai reçu un mail d'une personne étudiant les crop circles et attirant mon attention sur certains points. Je le recopie ci-après. Pour le résumer:
- il faut signaler la présence d'un autre radio-téléscope, plus petit que celui d'Arecibo, à proximité de l'endroit où est apparu l'agroglyphe. J'ajoute qu'il était prévu que ce radio-téléscope ré-émette un nouveau message en direction des étoiles.
- la sécheresse de la région et l'époque tardive (août) peut expliquer l'absence de noeuds de croissance anormaux (la croissance de la plante étant terminée)
- les altérations sont souvent trouvées en périphérie du cercle. Dans ce cas-ci, la formation étant rectangulaire, il est plus difficile de localiser cette zone "d'altération optimale".
- les altérations observées sur les cultures de certains agroglyphes peuvent constitué une exception plutôt que la règle. Leur absence n'implique donc pas forcément un canular (je suis tout à fait d'accord sur ce point, mais leur présence représente pour moi une preuve d'authenticité qui permet d'éliminer rapidement l'hypothèse du canular).
"Ces deux crop-squares sont effectivement différents des crop-circles. La présence du radio-téléscope le montre déjà.
Il faut dire aussi que cette région est plus sèche car plus
au sud, il devient difficile à cette date de trouver des nœuds dans ces
conditions ou des tiges coudées (manque d'eau)
La question que l’on doit se poser sur les cc en général est la suivante: la germination accélérée est-elle voulue ?
Quand on se trouve dans un beau cercle, bien fait, l’un de nos premiers réflexes est de prélever des graines en –périphérie- là où elles ne sont pas trop « grillées ». C’est à cet endroit que l’on observe le meilleur «dopage». Or dans un crop-square de la sorte il est impossible de trouver l’endroit ou les graines sont meilleurs, il n’y en a peut-être aucune volontairement.
Hypothèse: ces crop-square visaient le radiotélescope pour répondre au message, et n’étaient pas destinés à autre chose.
Savez-vous que la formation de Milk Hill n’est pas parfaite
géométriquement? Aucun bras spiral n’est identique et pourtant….il a
produit des graines dopées. Faut-il considérer qu’il est d’origine
humaine ou y a-t-il une raison qui expliquerait ce défaut géométrique ?"
Je remercie l'auteur de ce message pour ses remarques.

(agroglyphe de Milk Hill, 21 août 2001)
03 novembre 2005
prophétie de 2012 - les calendriers mayas
Le calendrier maya date probablement, dans sa forme finale, du premier siècle av. J.-C. et il serait le produit de la civilisation olmèque. Le calcul des prêtres mayas était si précis que la correction de leur calendrier est de dix-millième de journée plus exacte que le calendrier en usage actuellement dans le monde.
De tous les anciens systèmes de computation du temps, ceux des Mayas et les autres systèmes méso-américains sont les plus complexes et les plus détaillés. Leur mois était de 20 jours et l'année civile était double: un cycle sacré de 260 jours, dénommé Tzolkin, et l'année vague de 365 jours, ou Haab. Ces deux calendriers coïncidaient tous les 52 ans. Cette période de 52 ans était désignée sous le nom de «faisceau» et elle représentait pour les Mayas l'équivalent d'un siècle pour nous.
Le cycle sacré de 260 jours est composé de deux cycles plus courts: les chiffres 1 à 13, et 20 noms de jours différents. Le nom de chaque journée est représenté par un dieu qui transporte le temps à travers le ciel, marquant ainsi le passage du jour à la nuit. Les noms des jours sont les suivants: Imix, Ik, Akbal, Kan, Chicchan, Cimi, Manik, Lamat, Muluc, Oc, Chuen, Eb, Ben, Ix, Men, Cib, Caban, Eiznab, Cauac et Ahau. Certains de ces noms renvoient à des divinités animales comme Chuen (le chien) et Ahau (l'aigle); certains archéologues ont fait remarquer que la séquence des animaux chez les Mayas est parallèle à celle des signes lunaires du zodiaque de nombreuses civilisations de l'Orient et de l'Asie du Sud-Est.

Glyphes correspondant à deux des dix-mois de
l'année Vague : Pop (à gauche) et Zotz.
Selon la formule du tzolkin de 260 jours, le temps n'est pas linéaire mais il évolue en cercles concentriques semblables à une spirale. Les deux cycles de 13 et de 20 s'entremêlent et se répètent sans cesse. Le calendrier commence donc par 1 Imix, 2 Ik, 3 Akbal, et ainsi de suite jusqu'à 13 Ben, après quoi il enchaîne avec 1 Ix, 2 Men, etc. Dans ce contexte, le jour Imix devient 8 Imix. Le dernier jour de ce cycle de 260 jours est le 13 Ahau. Personne ne connaît au juste l'origine de ce calendrier inusité. Le cycle de 260 jours peut regrouper plusieurs événements célestes, y compris la configuration de Mars, les apparitions de Vénus, les saisons d'éclipse et même l'intervalle entre la conception et la naissance des humains.
Le calendrier de 260 jours servait à déterminer les activités importantes liées aux divinités. On l'utilisait pour nommer les personnes, prédire l'avenir et décider des dates propices aux grands événements comme les combats ou les mariages, par exemple. Chaque journée comportait ses augures et ses associations et la cadence inexorable des 20 jours évoquait une machine de prédiction de l'avenir guidant la destinée des Mayas.
L'année vague, ou haab, de 365 jours était semblable à notre calendrier moderne; elle comportait 18 mois de 20 jours chacun et se terminait par une période de cinq jours. Le calendrier profane de 365 jours se rapportait surtout aux saisons et à l'agriculture et était basé sur le cycle solaire. Les 18 mois mayas étaient les suivants, dans l'ordre: Pop, Uo, Zip, Zotz, Tzec, Xuc, Yaxkin, Mol, Chen, Yax, Zac, Ceh, Mac, Kankin, Maun, Pax, Kayab, Cumku. La période de malchance, qui durait cinq jours et portait le nom de uayeb, était tenue pour une période critique, marquée par le danger, la mort et le mauvais sort.
La nouvelle année solaire maya aurait débuté à un moment donné au cours de notre mois de juillet, par le mois maya Pop. Le mois maya de 20 jours débutait toujours par le positionnement du mois, suivi par les jours numérotés de 1 à 19, puis par le positionnement du mois suivant et ainsi de suite. Ce procédé concorde avec la notion maya selon laquelle chaque mois influence le suivant. La nouvelle année maya débutait dès lors par le 1 Pop suivi du 2 Pop et ainsi de suite jusqu'au 19 Pop, après quoi naissait le mois Uo, écrit 0 Uo puis 1 Uo, 2 Uo, etc.
La combinaison du tzolkin et du haab produisait un cycle de 18 980 jours, correspondant à environ 52 années solaires. La fin de ce cycle de 52 ans était particulièrement redoutée parce qu'il s'agissait d'une période où le monde pouvait prendre fin et où le ciel pouvait s'effondrer si les dieux n'étaient pas satisfaits de la façon dont les humains s'étaient acquittés de leurs obligations.
Le cycle de 52 ans n'était toutefois pas adéquat pour mesurer le passage ininterrompu du temps à travers les âges. On a donc conçu un autre calendrier appelé le compte long, basé sur les unités suivantes de temps: un kin (un jour); un uinal (un mois de 20 kin); un tun (une année de 360 kin ou 18 uinal); un katun (20 tunes); un baktun (20 katunes ou 400 ans). Il y avait aussi des unités de temps plus longues comme le pictun, le calabtun, le kinchiltun, et le alaun. Chaque alaun équivalait à 64 millions d'années.
Il y a deux façons de dater un événement d'après les calendriers mayas. Le compte long est calculé à partir du cycle actuel de la création et il correspond à notre ère. La date de cette création est fixée à l'an 3114 ou 3113 av. J.-C. de notre calendrier moderne. Cette date est le point de départ de tous les calculs subséquents - tout comme nous fixons les dates de notre histoire moderne à partir de la naissance du Christ.
Pour indiquer une date, le calendrier maya utilisait cinq points de référence dans l'ordre suivant: baktun, katun, tun, uin, kin. On écrivait, par exemple: 9.10.19.5.11 10 Chuen 4 Kumku, ce qui correspond à 9 baktuns (1 296 000 jours), 10 katuns (72 000 jours), 19 tuns (6 840 jours), 5 uinals (100 jours), 11 kin (11 jours) ou 1 374 951 jours (environ 3764 années solaires) depuis le début de la dernière Création qui se situe dans le cycle du calendrier maya à la position 10 Chuen, 4 Kumku - ou aux alentours de notre année 651 ou 652 apr. J.-C.
Un des rôles les plus importants du calendrier n'était pas de fixer les dates avec précision dans le temps, mais d'établir une corrélation entre les actions des chefs mayas et les événements historiques et mythologiques. Les faits et gestes accomplis par les dieux durant les journées mythiques étaient reproduits par les chefs mayas, souvent le jour anniversaire de l'événement - une date qui était soigneusement calculée par les prêtres mayas. Le calendrier servait aussi à désigner le moment des événements passés et futurs. Certains monuments mayas, par exemple, consignent les dates des événements qui se sont produits 90 millions d'années auparavant, tandis que d'autres prédisent des événements qui auront lieu 3000 ans plus tard.
Le calendrier prédisait aussi l'avenir comme c'est le cas pour notre calendrier du zodiaque. Les Mayas croyaient par exemple que la date de naissance d'une personne ou le signe sous lequel elle était née déterminait le sort qui lui était réservé sa vie durant. Le nouveau-né était donc sous l'influence d'un dieu particulier tout au long de son existence. Certains dieux étaient plus bienveillants que d'autres et l'on considérait comme chanceux un enfant né sous d'heureux auspices. L'enfant né sous l'influence d'un dieu moins bénéfique devait toute sa vie s'attirer ses faveurs - surtout durant les périodes inquiétantes comme celle du uayeb de l'année solaire.
Les savants se sont souvent demandé pourquoi le calendrier maya était si complexe. La raison en est, en partie, qu'il revenait aux prêtres mayas de décider des dates des événements sacrés et du cycle agricole. Il importait donc peu que les gens ordinaires comprennent le calendrier et les prêtres pouvaient le rendre hermétique à souhait.
L'ancien cycle maya est toujours en vigueur dans le sud du Mexique et
dans les hautes terres mayas où les prêtres du calendrier
s'affairent encore à effectuer le comput des 260 jours pour les
actes de divination et autres activités chamanistiques. Ces
prêtres jonglaient avec les cycles du temps et les opérations
savantes pour en effectuer le calcul, surtout à propos des dates
qui faisaient coïncider des cycles et des nombres. Ils maintiennent
aujourd'hui la tradition dans le sud du Mexique et dans les hautes
terres mayas.
29 octobre 2005
Prophétie de 2012 (suite)
A partir de sa compréhension de la tradition et des calendriers mayas,
Carlos Barrios dresse un portrait de la situation actuelle de
l’humanité :
La date qui correspond au solstice d'hiver de l'année 2012
n'indique pas la fin du monde. De nombreuses personnes utilisent cette
date pour faire du catastrophisme. C’est la preuve qu’elles sont mal
informées. Ceux qui ont la véritable connaissance sont les Indiens
dépositaires de l’ancienne tradition. ''L'humanité va continuer'',
annonce-t-il, ''mais d'une autre manière. Les structures matérielles
changeront. A partir de là, nous aurons l'opportunité d'être plus
humains''. Nous vivons actuellement la plus importante décennie de
toute l’histoire de l’humanité. Toutes les prophéties, toutes les
traditions du monde convergent sur ces années que nous sommes
maintenant en train de traverser.
La puissance de l’économie libérale est un leurre. Les premières
cinq années de la période de transition (d’août 1987 à août 1992), ont
marqué le début de la destruction du monde matériel. Les banques sont
désormais fragiles. Elles passent par un moment délicat. Elles
pourraient s'effondrer au cours des prochains mois sans que nous ne
puissions rien y changer. Si les banques s'effondrent, nous serons
forcés de nous centrer sur nous-mêmes et sur la Terre. Les Pôles Nord
et Sud vont tomber tous les deux. Le niveau de l'eau dans les océans va
monter. Mais au même moment, des terres jailliront de l'océan, en
particulier près de Cuba.
(Il est intéressant de noter que d'autres prophéties parlent des pôles et de terres qui émergeront...)
Au cours de son cycle de conférences données à Santa Fe, Carlos Barrios a raconté une histoire concernant les dernières cérémonies mayas du Nouvel An au Guatemala. Il a dit qu'un Ancien Mam très respecté, qui vit isolé dans une grotte à flanc de montagne, a fait le trajet jusqu'à Chichicastenango pour venir transmettre un message aux populations. Il a appelé les êtres humains à se rassembler pour soutenir la vie et la lumière. Actuellement chaque personne et chaque groupe vont de leur côté. L'Ancien des montagnes a dit qu'il ne peut y avoir de l'espoir que si les travailleurs de la lumière se rassemblent et s'unissent.
Carlos Barrios a apporté
ce commentaire : ''nous vivons dans un monde de polarité :
jour et nuit, homme et femme, positif et négatif. La Lumière
et l'Ombre ont besoin chacune de l'autre ; elles sont en équilibre.
Seulement, actuellement le côté Ombre est très
fort et très déterminé quant à ses
objectifs. Ses priorités sont clairement établies et sa
hiérarchie parfaitement structurée. La hiérarchie
de l’Ombre travaille afin que nous soyons incapables de nous
connecter avec la spirale du Cinquième Monde en 2012.''
''Du
côté de la Lumière, chacun pense qu'il est le
plus important et que sa compréhension, ou la compréhension
de son groupe, est la clé. Il y a une diversité de
cultures et d'opinions, donc il y a une compétition, une
argumentation et non pas une vue unique''.
Selon Carlos
Barrios, le côté Ombre travaille pour empêcher
l’éveil des consciences et renforcer le matérialisme.
Il essaye aussi de détruire ceux qui travaillent avec la
Lumière en vue de faire évoluer la Terre vers un niveau
plus élevé. Ses représentants aiment l'énergie
de l'ancien, le Quatrième Monde décadent, le
matérialisme. Ils ne veulent pas du changement. Ils ne veulent
pas de l’union. Ils veulent rester au niveau de conscience actuel
et craignent le prochain niveau.
Le pouvoir de l'Ombre sur ce
Quatrième Monde décadent ne peut pas être détruit
ni ignoré. Il est beaucoup trop puissant. Les serviteurs de
l’Ombre peuvent cependant se transformer en présence d’êtres
au cœur aimant et ouvert. C'est ainsi que l’on parvient à
la fusion, un concept essentiel pour le Monde du Cinquième
Soleil.
Selon la lecture du calendrier maya de Carlos Barrios, si la guerre
éclate à la fin de l’année 2002 ou au début de l’année 2003, c'est
terrible, mais pas catastrophique. Mais si elle arrive entre avril et
novembre 2003, elle serait catastrophique, réellement épouvantable !
Elle pourrait entraîner éventuellement la mort des deux tiers de
l'humanité. ''Soyez actifs'', a-t-il répété, ''si nous sommes actifs,
nous pouvons transformer la planète. Les Anciens nous observent pour
voir ce qui se passe''.
(pas de chance! La guerre en Irak a débuté en avril 2003!!!)
Beaucoup parmi les Anciens Mayas et les Gardiens de la Connaissance
pourraient être éliminés au cours des prochaines années. Dans cette
première moitié de l'actuel Katun (une période de 20 ans) le côté de
l'Ombre a beaucoup de pouvoir. Mais ce pouvoir disparaîtra dans 3 à 4
ans. Ce qui semble inarrangeable peut très rapidement changer. Des
choses
étonnantes sont sur le point de se produire.
Selon Carlos Barrios, si nous nous sommes incarnés dans cette période,
c'est que nous avons un travail spirituel à accomplir pour rééquilibrer
la planète.
Voici ses dernières paroles avant de quitter Santa Fe: ''La plus
grande sagesse est la simplicité. L'amour, le respect, la tolérance, le
partage, la gratitude, le pardon, tout cela n’est ni difficile ni
complexe. La véritable connaissance est gratuite. Elle est encodée dans
votre ADN. Tout ce dont vous avez besoin est à l'intérieur de vous. De
grands Enseignants l'ont dit depuis le commencement des temps: "Trouvez
votre cœur, et vous trouverez votre chemin''.
Ce texte est une traduction de l’article original de Steven McFadden © Chiron-Communications – octobre 2002
25 octobre 2005
Prophétie de 2012
Depuis quelques années, une nouvelle prophétie est apparue. Elle a été largement diffusée par l'anthropologue guatémaltèque Carlos Barrios. Celui-ci, historien, anthropologue et chercheur, naquit au sein d'une famille espagnole de l'Altiplano, sur les hauteurs du Guatemala. Sa famille vivait à Huehuetenango, qui est également le lieu de résidence de la tribu maya Mam. Les Mam sont considérés chez les Mayas comme les Gardiens du Temps, et font autorité en matière d'anciens calendriers mayas.
Après avoir étudié pendant 25 ans auprès des Anciens de la tribu Mam, Barrios devint lui-même un Ajq'ij Maya, un prêtre habilité à officier des cérémonies et un Guide Spirituel du Clan de l'Aigle. Il étudia pendant des années les différents calendriers mayas avec l’aide de son frère Gerardo et interrogea plus de 600 Mayas.
La compréhension maya du temps, des saisons, des cycles est vaste et complexe. Les Mayas ont eu 17 calendriers différents, dont certains décrivent les événement temporels de façon précise pendant plus de 10 millions d'années. Le calendrier qui a tout particulièrement attiré l'attention, depuis 1987, est appelé le Tzolk'in ou Cholq'ij. Il est basé sur le cycle des Pléiades, est considéré comme sacré et détermine d'importants tournants de l'histoire de l’humanité.
Les prévisions des Mayas
étaient si précises qu’elles se basaient sur une
unité de temps qui correspond à 1 millième d’une
journée de 24 heures, soit moins de 1 minute et trente
secondes.
Par exemple, dans l'année dite « du
Roseau », un jour y est mentionné comme étant très
important pour les Amérindiens. Ce jour correspond au dimanche
de Pâques du 21 Avril 1519, jour où Hernando Cortez et
sa flotte de 11 galions espagnols arrivèrent du vieux
continent et accostèrent sur la côte bordant ce qui est
aujourd'hui devenu la ville de Vera Cruz au Mexique. Quand les
navires espagnols apparurent à l’horizon, les populations
indigènes les observèrent et attendirent de voir ce qui
allait se passer. Les voiles ondulantes des navires ressemblaient
vraiment à des vols de papillons rasant la surface de l'océan.
Or, cette arrivée était justement annoncée par
le calendrier Tzolk’in sous la forme d’un vol de papillons.
Une
ère nouvelle a alors commencé, mais ce n’était
pas une ère de paix, d’harmonie ni de fraternité. Les
Mayas ont appelé cette ère « les Neuf Bolomtikus
», ou « les Neuf Enfers » de 52 années
chacun. Les neuf cycles se sont déroulés exactement
comme les Anciens l’avaient annoncé: les terres et la
liberté furent arrachées aux Indiens. La maladie, la
convoitise, la haine et l'égoïsme s’installèrent
durablement dans cette partie du monde.
Ce qui commença
avec l'arrivée de Cortez, a duré jusqu'au 16 août
1987 (1519 + 9 x 52 = 1987), date dont beaucoup d’entre nous se
souviennent comme étant celle de la Convergence Harmonique.
Des millions de personnes ont célébré cette date
par des cérémonies dans des sites sacrés, priant
pour une transition fluide vers la nouvelle Ère, le Monde du
Cinquième Soleil.
Selon Carlos Barrios, nous sommes
depuis 1987 dans une période où le bras droit du monde
matérialiste est en train de disparaître, lentement mais
inexorablement. Nous sommes sur la cuspide de la nouvelle Ère,
là où la paix commence et où les gens vivent en
harmonie avec la Mère Terre. Nous ne sommes plus dans le monde
du Quatrième Soleil, mais nous ne sommes pas encore dans le
monde du Cinquième Soleil. C'est la période entre les
deux, la période de transition.
Cette période
de transition se traduit par une énergie colossale de
destruction de l'environnement, de chaos social, de guerre et de
changements terrestres. Tout ceci avait été prévu
de longue date par les anciens Mayas. Ce n’est, selon Barrios,
qu’une simple question de « spirale mathématique ».
''Il y aura de grands changements'', affirme-t-il, ''tout changera''.
Il dit que les Gardiens du Temps mayas considèrent le 21
décembre 2012 comme la date de la renaissance, le début
du Monde du Cinquième Soleil.















